La Turquie dénonce les incitations à la haine contre le peuple russe

Ankara s’inquiète des sanctions prises contre le monde de la culture et des vexations que subit aujourd’hui le peuple russe. Musique, peinture et même jeux vidéo, la Russie est dans le collimateur de l’Europe.
Sputnik
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La Turquie, qui semble vouloir ménager la chèvre et le chou sur la question ukrainienne, s’est émue de certaines sanctions antirusses. Les mises au ban qui touchent les personnalités du monde de la culture ont ainsi été dénoncées par Omer Celik, porte-parole de l’AKP, le parti au pouvoir. Des mesures qui participent d’un climat de haine contre le peuple russe, selon le haut responsable.
"Il est juste de s'opposer à l'occupation injuste de la Russie. Mais il est parfaitement anormal d'essayer de censurer la culture, les écrivains et les compositeurs russes, ou d'inciter à la haine contre le peuple russe. Il est stupide de confondre la position envers l'occupation avec l’hostilité culturelle", fulmine-t-il sur Twitter.
Le porte-parole s’est en particulier insurgé contre le sort réservé au célèbre chef d’orchestre russe Valery Gergiev. Le musicien a en effet vu ses concerts déprogrammés par le Carnegie Hall de New York, alors que la Scala de Milan l’a sommé de condamner l’opération militaire ukrainienne.
Pire encore: l’Orchestre philharmonique de Munich, que Gergiev dirigeait depuis plus de sept ans, a décidé de le licencier. Une forme d’"hostilité à l’art" dénoncée par Ankara.

Sanctions culturelles

En marge des sanctions économiques, le monde de la culture a donc été frappé par diverses mesures de rétorsion. Le fameux Ballet du Bolchoï, qui devait se produire au Royal Opera House de Londres cet été s’est fait claquer la porte au nez. La Russie a également été exclue du prochain Eurovision, dont la finale est prévue en mai.
Le doute plane en outre sur plusieurs musées français exposant des œuvres russes. La Fondation Louis Vuitton, craint en particulier pour la collection Morozov, constituée de 200 tableaux prêtés par trois musées russes. Monet, Rodin, Picasso: l’exposition prévue jusqu’au 3 avril a déjà attiré plus d’un million de visiteurs, mais les organisateurs se disent préoccupés par la situation en Ukraine. Une saisie des œuvres par les autorités françaises paraît néanmoins hautement improbable.
Au rayon insolite, l’éditeur de jeux vidéo EA Sports a fait lui aussi très fort, en supprimant les équipes nationales de Russie et de Biélorussie de ses jeux FIFA 2022 et NHL 2022.
Crise ukrainienne 2021
Les sanctions antirusses cherchent "de manière délibérée à renvoyer la Russie aux années 90"
Après le début de l’opération militaire en Ukraine, les cas de discrimination envers les ressortissants russes se sont multipliés en Europe. Plusieurs restaurants russes ont ainsi reçu des courriers de menaces, à Lille ou à Lyon.
En Allemagne, un restaurateur est allé jusqu’à interdire l’entrée de son établissement aux clients possédant un passeport russe, avant de rétropédaler devant le tollé suscité.
Plusieurs étudiants russes ont été expulsés d’universités européennes, a affirmé la déléguée aux droits de l'homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova. Des universités de Russie ont annoncé être prêtes à les accueillir.
Enfin, la cathédrale orthodoxe de Paris a quant à elle été recouverte de tags insultants.
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