Des riverains "jamais entendus" s’inquiètent de l’autorisation des salles de shoot à Paris

L’arrêté du gouvernement autorisant les structures de consommation encadrée de stupéfiants publié mercredi inquiète les riverains parisiens, relate Le Figaro. Ses opposants le qualifient de "consécration de la multiplication des lieux de consommation" et déplorent de n’être "jamais entendus, plutôt vaguement écoutés".
Sputnik
Mercredi 23 février, le gouvernement a fait publier un arrêté autorisant les structures de consommation encadrée de stupéfiants, vulgairement appelées "salles de shoot".
Le texte indique que l’étude des expériences étrangères a montré "un impact positif du dispositif sur la réduction de la mortalité liée aux surdoses, des morbidités associées à l’injection et sur la diminution des pratiques à risque (moindre réutilisation et partage du matériel d’injection, meilleure hygiène, etc.)".

"Les résultats finaux de l'évaluation des deux salles existantes mettent en évidence des effets positifs sur la santé des personnes concernées¸ un rapport coût-efficacité acceptable pour la société ainsi qu'une absence de détérioration de la tranquillité publique."

Des témoignages recueillis par Le Figaro indiquent cependant que cet arrêté du ministère des Solidarités et de la Santé n’a pas réjoui les riverains et les collectifs d’opposants.

Les riverains "jamais entendus"

"Nous ne sommes jamais entendus, plutôt vaguement écoutés, ou même seulement informés", a déploré le membre d’un collectif auprès du quotidien.
La membre d’un autre collectif voit dans cet arrêté "la consécration de la multiplication des lieux de consommation".

La mairie de Paris insiste sur une "concertation nécessaire"

Contactée par Le Figaro, la mairie de Paris affirme qu'elle ne compte pas multiplier les salles de façon anarchique, mais "construire de vrais parcours de soins, au contact des toxicomanes là où ils sont" et insiste sur une "concertation nécessaire".
La plupart des futures salles, dont le nombre exact en projet n'est pas connu, seront concentrées à Paris. D'autres programmes sont déjà évoqués en province.

L’option des communautés thérapeutiques de fait rejetée

La lettre ouverte de 17 collectifs, neuf associations et le Musée du chocolat de Paris adressée à Emmanuel Macron en novembre dernier et lui demandant de réviser cette initiative est restée sans effet.
Ses signataires ont alerté sur le fait que ces lieux de consommation encadrée ne feront qu’aggraver la situation car qui dit consommation de drogues "dit inévitablement trafic, avec son cortège de nuisances".
Ils ont également appelé à étudier d’autres voies proposant à titre d’exemple "celle des communautés thérapeutiques dont les résultats sont probants".
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