Pass vaccinal couplé à un test négatif, "aveu d’échec de la vaccination"?

Couvre-feu, pass vaccinal, "super pass", port du masque obligatoire en extérieur? Autant de pistes envisagées par le gouvernement pour freiner la hausse des contaminations. Le signe de l’échec du tout vaccinal, estime l’avocat Thibault Mercier.
Sputnik
Face au variant Omicron, le gouvernement prépare sa riposte. Ce lundi 27 décembre, lors d’un conseil des ministres extraordinaire, l’exécutif devrait valider le projet de loi visant à renforcer les outils de gestion de la crise sanitaire.
Parmi les nouveaux dispositifs envisagés, le pass vaccinal qui remplacera le pass sanitaire. Un sésame obligatoire pour accéder aux restaurants, bars, séminaires, loisirs et transports interrégionaux. En outre, à l’instar de l’Allemagne ou de l’Italie, le gouvernement réfléchirait également à la création d’un "super pass", un test négatif en plus d’un schéma vaccinal complet, pour se rendre dans certains lieux comme les bars et discothèques.

Un gouvernement impuissant face au Covid-19?

Les autorités "vont trop loin" "dans les mesures politiques et de restrictions" qui portent "des atteintes à l’ensemble des libertés des Français": voici le diagnostic de l’avocat Thibault Mercier, président du Cercle Droit & Liberté.
Face à Omicron, l'exécutif hâte l'arrivée du pass vaccinal
Au micro de Sputnik, il rappelle que "nous avions un pass sanitaire qui ne devait durer que quelques mois, pour les grands évènements. Il s’est transformé en passeport pour une vie normale." Si pour l’heure, le "super pass" n’est qu’une piste parmi d’autres, le simple fait de l’envisager pourrait sonner comme un "aveu d’échec de la vaccination", avance Me Thibault Mercier:

"On a l’impression qu’ils se rendent compte que malgré ce tout vaccinal –près de 90% des Français éligibles sont vaccinés–, cela ne suffit pas, car ils pourraient être obligés de réclamer en plus un test négatif", constate l’essayiste.

En effet, pour la première fois depuis le début de l’épidémie, la barre des 100.000 nouveaux cas quotidiens a été franchie le jour de Noël. C’est dans ce contexte que la presse a évoqué la volonté du gouvernement d’instaurer un couvre-feu pour le réveillon du Nouvel An. Pourtant, comme le souligne le président du Cercle Droit & Liberté, si les nouveaux cas de Covid-19 sont en hausse, la vaccination "semble fonctionner sur les formes graves et la saturation des lits de réanimation". Alors pourquoi de nouvelles restrictions, est-ce un choix plus politique que sanitaire?
Covid-19: "Le temps d’un éternuement, on a basculé dans un autre régime"
Pour le président du Cercle Droit & Liberté, cela "peut servir la campagne du pouvoir en place": "si nous discutons Covid, nous ne discutons pas de tous les autres sujets qui peuvent fâcher et qui sont pourtant portés par d’autres candidats: sécurité, immigration, emploi, économie ou encore souveraineté", avance-t-il.

"Remettre la crise [sanitaire, ndlr] au centre du jeu politique, cela permet de se positionner au-dessus de la mêlée. Et finalement en temps de crise, on vote bien souvent pour le pouvoir en place", explique l’essayiste.

Au-delà de la politique politicienne, il prévient: cette crise du Covid-19 "est en train de permettre un basculement d’une société de liberté à une société de contrôle social", notamment avec l’instauration du pass sanitaire et du futur pass vaccinal.

"C’est presque un système de crédit social, puisque vous n’êtes pas dans l’illégalité si vous n’êtes pas vacciné, ou si vous n’êtes pas testé, mais vous n’avez pas accès à ce qui fait le sel de votre vie et à l’ensemble des droits sociaux et économiques, puisque vous êtes largement limités dans ces choix et ces droits", résume Thibault Mercier.

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