La Russie donne des détails sur le futur gazoduc qu’elle construira au Pakistan

Le Pakistan Stream qui sera construit par la Russie pourrait faire transiter 16 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit quatre milliards de plus que prévu. La Russie pourrait également fournir son propre GNL via ce gazoduc dont le coût est désormais estimé à 3,5 milliards de dollars et qui passera uniquement sur le territoire pakistanais.
Sputnik
Six après la signature d'un accord russo-pakistanais sur la construction d'un gazoduc au Pakistan, de nouveaux détails ont été révélés dont l'éventuelle augmentation de sa capacité.
Il pourrait faire transiter jusqu’à 16 milliards de mètres cubes d’or bleu par an, a estimé le ministre russe de l’Énergie.
"Ce projet phare, la construction du gazoduc Pakistan Stream reliant Karachi à Lahore, joue un rôle important dans notre coopération. Long de 1.100 kilomètres, il serait capable de faire transiter jusqu’à 16 milliards de mètres cubes du gaz par an", a indiqué Nikolaï Choulginov lors d’une réunion de la commission intergouvernementale consacrée à la coopération commerciale avec Islamabad.
Il liera les terminaux de GNL de Karachi aux consommateurs industriels du nord du pays, a-t-il ajouté. Auparavant, sa capacité était estimée à 12,4 milliards de mètres cubes.
Sa mise au point pourrait débuter après la signature d’un accord commercial attendue d’ici février 2022, en conformité avec une concertation entre M.Choulginov et le ministre pakistanais de l’Économie, Omar Ayub Khan.
"Nous considérons avoir établi un bon rythme et nous nous attendons à ce qu’un accord commercial pour la réalisation du projet soit signé en février. Ensuite, on commencera à chercher un financement", a noté le ministre russe.

Livraison du gaz russe

Les sociétés russes pourront fournir leur GNL au Pakistan dans le cadre de ce projet, poursuit-il. Novatek, producteur de gaz naturel russe, devrait formuler des propositions.
Le coût du gazoduc a également été revu à la hausse, de 2,5 à 3,5 milliards de dollars, a révélé Omar Ayub Khan.
Ces annonces ont été faites en marge de la 7ème édition de la commission russo-pakistanaise sur la coopération commerciale, scientifique et technique.

Deux ou trois conduites

L’implantation d’une deuxième, voire d’une troisième conduite figure également au menu des discussions, a fait savoir le ministre pakistanais à Sputnik.
"Au cours du travail sur l’accord, nous avons discuté de la possibilité de mettre en place deux conduites à l’endroit où une seule est prévue", a précisé Omar Ayub Khan.
Les parties ont convenu que la plus grosse partie des travaux sera effectuée par des entreprises russes, notamment la livraison des produits métallurgiques et la formation du personnel, a-t-il ajouté.

Une décision de longue date

L'accord intergouvernemental sur la construction de ce gazoduc a été conclu en 2015. Il a été initialement baptisé Nord-Sud (NSGPP). La Russie et le Pakistan devaient signer des accords commerciaux en 2016 et le mettre en exploitation en 2018. Toutefois, les délais ont été plusieurs fois repoussés.
En mars 2021, le gazoduc a changé de nom. Deux mois plus tard, un protocole permettant de lancer prochainement les travaux de construction a été signé par M. Choulguinov et l’ambassadeur du Pakistan en Russie, Shafqat Ali Khan.
La Russie, qui détiendra au moins 26% du projet, sera représentée par trois sociétés: le consortium ETK (Eurasian Pipeline Consortium), le groupe TMK, producteur important de tubes à destination des industries pétrolière et gazière, ainsi que le Centre des services d’exploitation relevant du ministère de l’Énergie.
Côté pakistanais, le projet sera réalisé par le groupe Inter State Gas Systems, qui s’occupe des sites stratégiques du secteur gazier national.
En juin dernier, le ministre russe de l’Énergie a annoncé la fin des travaux vers 2025 en cas de financement stable.

De nouveaux gazoducs russes à l’étranger

La Russie est aussi engagée dans le projet de construction d’un gazoduc de 960 kilomètres reliant la Russie à la Chine via la Mongolie. Le début des travaux est prévu pour 2024. Baptisé "Soyouz Vostok", il sera le prolongement du gazoduc russe "Force de Sibérie 2". Actuellement, la Mongolie et Gazprom mènent des négociations.
Il pourrait augmenter la capacité de "Force de Sibérie 2" jusqu’à 50 milliards de mètres cubes par an, soit légèrement moins que le Nord Stream 2 (55 milliards de mètres cubes par an). Prêt à l’exploitation, ce dernier pourrait être lancé dès que le régulateur allemand délivrera son autorisation, attendue pour janvier 2022.
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