Ces «envahisseurs russes» menacent l’ensemble de l’écosystème norvégien, selon NRK

La Norvège fait face à des «envahisseurs russes», c’est ainsi que la Société norvégienne de radiodiffusion a qualifié le saumon bossu, surnommé «saumon russe», qui se répand de plus en plus dans les eaux de la Norvège. Malgré un potentiel de pêche, ce poisson originaire du Pacifique commence à menacer la faune et la flore locales, selon NRK.
Sputnik

Les effets de la multiplication importante de la population du saumon rose à bosse (Oncorhynchus gorbuscha), dit également «saumon russe», dans les eaux marines et fluviales norvégiennes ont été évalués la semaine dernière par la Société norvégienne de radiodiffusion (NRK).

«L'envahisseur russe est un danger pour le saumon norvégien. Nous pouvons en voir les conséquences lorsque plusieurs rivières de l'est du Finnmark doivent fermer pour la pêche parce qu'il y trop peu de saumon de l'Atlantique», indique NRK.

Originaire du Pacifique du Nord, le saumon à bosse a été introduit en Europe par des spécialistes soviétiques dans la zone de la péninsule de Kola au milieu du XXe siècle, rappelle la NRK. Présent en petite quantité dans les fleuves norvégiens depuis les années 1960, il s’est largement propagé en 2017. La croissance de la population de cette espèce étrangère pour la Norvège a été enregistrée en 2019 et sa multiplication pourrait battre des records en 2021. Le phénomène d’une telle progression des chiffres de présence du «saumon russe» dans les eaux norvégiennes s’explique par son cycle de vie de deux ans et la reproduction les années impaires, met en relief la NRK.

Jackpot ou un problème pour les écosystèmes?

Plus tôt cet été, le ministre norvégien de la Pêche Odd Emil Ingebrigtsen a goûté du saumon à bosse lors d'un test à l'aveugle et l’a bien aimé, fait savoir la NRK.

«C’est un jackpot!», avait lancé M.Ingebrigtsen, cité par les médias, concernant la chair de ce poisson pour ajouter qu’il ne pouvait être consommé qu’au début de la saison, cette espèce de saumon perdant son goût plus tard pendant la période froide.

Le secteur de la pêche du pays se montre prêt à explorer le potentiel économique de ce représentant de la famille des salmonidés.

«S’il est déjà là, il faut essayer de le pêcher et de l’utiliser», a déclaré à NRK en juin dernier le directeur général de l’entreprise norvégienne Lyder Fisk AS, Svein Lyder.

Selon certains scientifiques norvégiens, le saumon bossu représente une menace considérable pour l’ensemble de l’écosystème du pays et notamment pour les poissons autochtones comme le saumon de l’Atlantique, aussi dit norvégien, et la truite, qui risquent de ne pas pouvoir résister à la concurrence naturelle avec ce membre intrusif de leur famille.

«Il [le saumon à bosse, ndlr] est capable de se reproduire en grandes quantités dans nos fleuves. Si des milliers de spécimens [de saumon à bosse, ndlr] remontent dans une rivière avec quelques centaines de saumons [norvégiens, ndlr], ces derniers pourront à peine concourir pour les ressources alimentaires. Le saumon à bosse produira des millions d’alevins qui vont entrer en compétition avec les alevins d’autres salmonidés pour la nourriture et l’espace vital», a détaillé au micro de la NRK Henrik Berntsen, chercheur à l'Institut norvégien de recherche sur la nature (NINA).

Mesures gouvernementales de dissuasion

Le gouvernement de la Norvège semble partager les inquiétudes des milieux scientifiques pour mettre le «saumon russe» sur la liste noire et allouer cette année un million de couronnes (environ 96.000 euros) à des mesures visant à se débarrasser de cette espèce indésirable dans le pays, indique la NRK. 

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Les personnes qui pêchent le saumon à bosse en mer sont invitées à déclarer leur capture afin que les autorités du comté norvégien de Finnmark puissent recenser sa population. En échange de ces informations, les pêcheurs peuvent gagner du matériel de pêche pour capturer encore plus de «saumon russe», selon la NRK.

La lutte promet cependant d’être dure, car avec sa forte capacité de reproduction le saumon bossu pourrait s’avérer un adversaire vraiment tenace, conclut le média.

Ingérence dans des écosystèmes naturels

Le cas du saumon du Pacifique introduit dans les eaux de l’Atlantique n’est qu’un de multiples exemples d’influence humaine sur différents écosystèmes.

Si la multiplication des saumons à bosse s’est manifestée quelques dizaines d’années après leur première apparition dans leur nouvel habitat, il y a des précédents de prolifération beaucoup plus rapide d’espèces invasives dans des endroits éloignés de leur biotope d’origine. 

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