«Guérilla urbaine»: des Parisiens contraints de tirer des mortiers d’artifice sur des toxicomanes – vidéos

Dans le quartier de Stalingrad, les habitants sont excédés par les dealers de crack, au point que certains ont tenté de les faire fuir avec des mortiers d’artifice, relate Le Figaro. Riverains et élus locaux réclament de vraies mesures de sécurité.
Sputnik

Toutes les nuits, depuis des mois, dealers et consommateurs de crack se retrouvent sur l’avenue de Flandre, dans le quartier parisien de Stalingrad (XIXe arrondissement), au vu et au su de tous. Certains habitants, exaspérés par les nuisances sonores et les violences qui en découlent, ont tiré sur eux des feux d’artifice trois nuits d’affilée, du vendredi 30 avril au dimanche 2 mai.

«Cela fait deux nuits que nous vivons l'horreur, qu'on entend des tirs, et qu'on ne dort plus, alors que nous sommes en plein Paris», témoignait une habitante dimanche auprès du Figaro. «Au début, ce sont des bombes à eau qui étaient lancées. Ensuite ça a été des bouteilles de verre. Et maintenant, des tirs de mortiers», explique un riverain de l’avenue de Flandres, lequel tente d’alerter les autorités sur la présence de toxicomanes depuis plus d’un an.

Ce dernier confirme que les tirs ne sont pas des règlements de comptes entre dealers, mais proviennent bien d’«habitants lambda qui se radicalisent, qui ne sont pas habitués à manipuler ce genre d'armes, et qui font cela pour alerter sur la situation». Il refuse toutefois de les blâmer et affirme comprendre leur détresse. «Depuis nos salons, nous voyons des gens se faire poignarder, agresser, crier... Les habitants sont arrivés à un point de non-retour. […] Les Parisiens vont découvrir la guérilla urbaine», ajoute-t-il.

Point de deal connu

Le maire du XIXe arrondissement de Paris, François Dagnaud, précise auprès du Figaro que ce point de deal contribue à «la constitution d’une scène européenne de crack en plein Paris». Plusieurs centaines de trafiquants et consommateurs s’y retrouvent régulièrement.

«Le dispositif de sécurisation de ce quartier est totalement sous-dimensionné, et ces tirs de mortiers sont une nouvelle alerte sur la gravité de la situation», commente-t-il.

Une résidente explique que les trafics se sont multipliés à Stalingrad après que la «colline du crack» a été démantelée à la porte de la Chapelle (XVIIIe arrondissement).

«Le problème n'a pas été réglé, il a simplement été déplacé. Tous les habitants se sont mobilisés: nous avons eu de multiples rendez-vous avec le maire, nous avons saisi la préfecture, nous avons eu recours au référé-liberté... Mais tout le monde se renvoie la balle», déplore-t-elle.

Plan crack

Comme l’explique Le Figaro, un plan crack a été mis en place il y a plusieurs mois par la Ville de Paris. Il consiste notamment à développer des salles de shoot, déployer des patrouilles dans les zones sensibles et améliorer la réponse judiciaire contre les principaux acteurs de ce trafic. «Mais cela ne fait qu'entretenir la dépendance, et fixe le problème sur certains quartiers», estime Pierre Liscia, porte-parole du parti «Libres!» de Valérie Pécresse.

Avec un investissement de neuf millions d’euros sur trois ans (2019 – 2021), le plan crack aurait contribué à sortir certains consommateurs de la rue, mais présente malgré tout des résultats «insuffisants», reconnaissait début avril François Dagnaud auprès d’Actu Paris.

À Stalingrad, désormais surnommé «Stalincrack», les riverains peuvent observer les fourgons de police se positionner à quelques mètres des toxicomanes, sans intervenir. «Personne ne comprend. […] La guerre au trafic est déclarée par le ministre de l’Intérieur dans les mots mais pas menée dans les faits», conclut le maire.

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