Merkel dresse le constat de la «lutte politique» entourant le Nord Stream 2

Il y a des désaccords au sein de l’UE à propos du projet Nord Stream 2 en Europe, selon la chancelière allemande qui insiste néanmoins sur le fait que le gaz de ce pipeline serait de tout aussi bonne qualité que celui transitant par l’Ukraine.
Sputnik

Le projet de gazoduc Nord Stream 2 est au centre d’une «lutte politique» en Europe, a déclaré ce mardi 20 avril la chancelière allemande aux participants à la session de printemps de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), en visioconférence.

«L’Allemagne a décidé de construire Nord Stream 2, c’est de la lutte politique», a indiqué Mme Merkel.

​Elle a dit avoir l’impression que la question est englobée dans un conflit «beaucoup plus large qui renvoie à la question de savoir dans quelle mesure» l’UE souhaite avoir affaire à la Russie, notamment dans le secteur énergétique.

Le gaz russe est «tout aussi bon»

Tout en reconnaissant que le projet Nord Stream 2 a divisé l’Europe, la chancelière a estimé que ce gazoduc transporterait le même gaz russe que celui qui arrive déjà en Europe via l’Ukraine ou la Turquie sans susciter d’objections.

«Je sais qu’il y a des désaccords à propos de Nord Stream 2, je connais la position de nombreux pays. Les pays membres de l’UE ont formulé une position commune en révisant la directive "gaz" pour autoriser la construction de ce gazoduc. En tout cas, je veux dire que le gaz transporté non par le Nord Stream 2, car il n’est pas encore prêt, mais par le Nord Stream 1, est tout aussi bon que celui transitant par l’Ukraine où le gaz arrivant de Russie via la Turquie», a noté Mme Merkel.

Elle a rappelé que Berlin soutenait toujours l’Ukraine en tant que pays de transit de gaz russe vers l’Europe.

Le gazoduc Nord Stream 2 prêt à 95%

Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites de gaz d’une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an. Le nouveau gazoduc doublera Nord Stream 1, construit en 2005, qui relie le port russe de Vyborg au port allemand de Greifswald via le fond de la mer Baltique.

Les États-Unis, qui veulent obtenir un débouché européen pour leur gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que l’Ukraine et plusieurs pays européens, s’opposent à la construction du gazoduc. L’Allemagne appelle à mener à bien la réalisation du projet et dénonce les sanctions extraterritoriales américaines.

En décembre 2019, Washington a adopté des sanctions extraterritoriales contre les entreprises prenant part au projet. Cela a notamment obligé l’entreprise suisse Allseas, chargée de poser les conduites, à suspendre sa participation au projet pour échapper aux mesures de rétorsion. Les travaux de construction ont repris en décembre 2020 et se déroulent actuellement dans les eaux danoises. Selon Nord Stream AG, le gazoduc est actuellement prêt à 95%, il ne reste à poser que 121 km de conduites.

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