Nord Stream 2: la France «est menée à la bride par Washington», tance un député russe

La demande de Paris adressée à Berlin d’abandonner le projet Nord Stream 2 en lien avec la situation autour d’Alexeï Navalny est «politisée sans fondement», a jugé dans une interview accordée à Sputnik le député russe Sergueï Zhelezniak.
Sputnik

Un membre de la Douma s’est exprimé dans un entretien avec Sputnik sur l'appel de la France à viser le projet Nord Stream 2 à cause de l'affaire Navalny. Le 1er février, sur France Inter, Clément Beaune, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes, a affirmé que la France avait appelé l’Allemagne à renoncer au projet de construction de ce gazoduc, presque terminé, dans le contexte de la situation autour de l'opposant russe arrêté à son retour en Russie.

«Les autorités françaises sont menées à la bride par Washington en politisant sans fondement le projet de gaz Nord Stream 2. L’Allemagne comprend le prix des investissements dans le Nord Stream 2 de manière absolument certaine, celui-ci assurera à la population des pays membres du projet russo-européen un gaz de qualité et pas très cher», a quant à lui tenu à expliquer le député russe Sergueï Zhelezniak.

Ce prétexte ne doit pas causer l’arrêt du projet, a-t-il estimé.

D’après lui, l’affaire Alexeï Navalny a été créée dans le but de déstabiliser la situation interne en Russie et en tant que prétexte pour les pressions extérieures.

«Quelle que soit leur administration, les États-Unis prouvent leur volonté de bloquer la Russie et d’empêcher la coopération avec notre pays sur l’arène internationale», a conclu le parlementaire russe.

Navalny de retour en Russie

À son retour d'Allemagne à Moscou, Alexeï Navalny a été arrêté le 17 janvier à l’aéroport de Cheremetièvo et placé pour 30 jours en détention préventive dans le cadre de la plainte déposée contre lui par l’administration pénitentiaire. Elle lui reproche la violation des conditions de son sursis probatoire en lien avec une affaire qui remonte à 2012.

Deux journées d’actions non-autorisées organisées par les sympathisants à Navalny ont déjà eu lieu les 23 et 31 janvier. Dans la foulée, plusieurs personnalités politiques occidentales se sont prononcées en faveur de sa libération.

Un communiqué du Parlement européen du 21 janvier à l’issue d’une session plénière, indique que les députés ont appelé les États membres à «renforcer de façon significative» les sanctions à l’encontre de la Russie suite à l’arrestation d’Alexeï Navalny en stoppant notamment, «une fois pour toutes», la construction du Nord Stream 2.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part conseillé aux hommes politiques étrangers de respecter le droit international et de s'occuper des problèmes de leur propre pays.

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