Attentat à Notre-Dame de Nice: comment Estrosi a favorisé une «cinquième colonne islamiste» dans sa ville

L’attentat de Nice ce jeudi 29 octobre a fait pour le moment trois morts au sein même de la basilique Notre-Dame. Depuis plusieurs années, la ville est en proie à une montée de l’islamisme. Un phénomène auquel ne serait pas totalement étranger le maire de Nice, Christian Estrosi. Explications avec Philippe Vardon, conseiller municipal (RN) de Nice.
Sputnik
«Nous devons nous exonérer de ce que beaucoup de “droit-de-l’hommistes” exigent en permanence, c’est-à-dire de nous abriter toujours la CNIL [Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, ndlr] et derrière des lois absurdes qui ne nous permettent pas d’éradiquer cette cinquième colonne islamiste qui ne cesse de proliférer dans notre pays.»

Interrogé sur BFMTV dans la foulée de l’attentat à l’arme blanche qui a pour l’heure coûté la vie à trois personnes, dont au moins l’une d’entre elles aurait été décapitée d’après le maire de Nice, Christian Estrosi s’est voulu ferme à l’égard de ce qu’il qualifie de «barbarie islamiste». «Ce n’est pas la ville de Nice qui est frappée, c’est la France tout entière», a-t-il ensuite ajouté.

Premières images depuis Nice où trois personnes ont été tuées au couteau - vidéo
Pourtant, cette deuxième attaque terroriste contre la ville, après l’attentat du camion-bélier le 14 juillet 2016 (86 victimes), n’est peut-être pas totalement le fruit du hasard.

Depuis son élection à l’hôtel de ville en 2008 –avec un bref intermède effectué par son premier adjoint Philippe Pradal entre 2016 et 2017–, M. Estrosi aurait fait ainsi preuve d’une complaisance ambiguë à l’égard des islamistes qui se sont progressivement implantés à Nice. Pour certains, l’ancien député des Alpes-Maritimes verse même dans une forme d’«islamo-clientélisme».

Dans un dossier réalisé le 18 août 2016 par Philippe Vardon, alors conseiller régional de PACA, celui-ci décrit ainsi Nice «comme une ville profondément pénétrée par l’islamisme sous ses différentes formes». L’attentat du 14 juillet a ainsi été perçu comme «un coup de projecteur qui était mis tout à coup sur une cité qui a vu l’islamisme se répandre extrêmement rapidement, à l’échelle d’une décennie et est devenue l’une des principales bases de départ pour le djihad en Syrie et en Irak. Une expression extrémisée d’une radicalisation que tous les Niçois ont pu constater dans leur ville, à travers des signaux visibles tels que le port du voile islamique», relate ainsi l’élu niçois.

Nice: «une ville profondément pénétrée par l’islamisme»

Contacté par Sputnik, Philippe Vardon, aujourd’hui conseiller municipal de la ville sous l’étiquette RN, détaille la série de «complaisances, voire de compromissions» dont se serait rendu coupable Christian Estrosi.

«Dès sa précampagne municipale en 2007, Christian Estrosi se positionne pour la construction d’une grande mosquée à Nice. La même année, lors du ramadan, il est allé visiter la mosquée Ar-Rahma, qui n’est autre que la mosquée centrale de l’UOIF [Union des organisations islamiques de France, désormais nommée “Musulmans de France”, association liée aux Frères musulmans*, ndlr] dans les Alpes-Maritimes. Il déclare à cette occasion: “Je m’y sens chez moi”. Tout est dit.», accuse Philippe Vardon.

Dissolution des associations islamistes: pour le CCIF, «l’accusation d’islamophobie équivaut à une fatwa»
Philippe Vardon va même plus loin et dénonce une forme de «partenariat avec l’UOIF» noué par Christian Estrosi dans une «optique clientéliste». «Christian Estrosi croit qu’il peut gérer les mosquées islamistes comme il gère les clos de boule ou les associations de quartier. En 2013, j’ai moi-même fait condamner la municipalité Estrosi pour l’installation d’une mosquée de l’UOIF dans des locaux municipaux et dont le loyer avait été lourdement sous-évalué, ce qui a été considéré par le tribunal administratif comme une atteinte grave à la laïcité en tant que subvention déguisée.»

Estrosi, coupable de «compromissions» avec l’islamisme?

«Christian Estrosi avait par ailleurs considéré que l’imam niçois Abdelkader Sadouni, qui justifiait à moitié les départs vers le djihad, qui a accueilli dans sa mosquée Hani Ramadan [frère du prédicateur islamiste Tariq Ramadan et petit-fils du créateur des Frères musulmans, ndlr] était pour lui un “relais social”», poursuit Philippe Vardon. Au quotidien italien Il Giornale le 19 juillet 2016, Abdelkader Sadouni affirmait ainsi que «s’il y a des attentats, c’est la faute de la laïcité des Français.»

«Christian Estrosi ose ensuite se répandre en tribune et en interview pour pourfendre la “cinquième colonne islamiste”, une cinquième colonne qu’il a favorisée dans sa propre ville! Une telle duplicité est absolument scandaleuse», fustige Philippe Vardon au micro de Sputnik.

Philippe Vardon observe que cette complaisance à l’égard des islamistes est toujours d’actualité. «On a encore aujourd’hui au moins deux mosquées liées à l’UOIF installées dans des locaux municipaux, dont l’une a diffusé pendant quinze jours, au mois d’avril dernier, un appel à la prière islamique en pleine période de ramadan, sans que Christian Estrosi juge utile, a minima, de rompre le bail liant la municipalité à cette mosquée. Tout cela perdure donc encore.»

L’élu RN avance à ce titre que «sur les 19 mosquées que compte la ville de Nice, on peut considérer qu’au moins 80% d’entre elles professent la doctrine islamiste des Frères musulmans.» D’après David Thomson, journaliste spécialiste du djihad, «Nice est l’une des villes les plus touchées par le phénomène djihadiste. Plus d’une centaine de Niçois sont partis en Syrie».

*Organisation terroriste interdite en Russie

Discuter