Consommation et épargne: d’importantes disparités durant le confinement?

Les 20% des ménages les plus modestes ont eu du mal à épargner durant le confinement, et se sont même plutôt endettés, selon une étude du Conseil d’analyse économique. Les disparités sur le sujet sont importantes. La consommation a elle aussi chuté avant de se relever, son évolution affectant différemment chaque secteur.
Sputnik

Les ménages français les plus modestes ont peiné à épargner durant le confinement, à l’inverse des ménages les plus aisés, selon une étude du Conseil d’analyse économique (CAE).

L’organisme a pu mener ses travaux grâce à la consultation des données bancaires de 300.000 ménages anonymisés. Une première pour ce genre de recherche.

Il en ressort d’abord que le surcroît d’épargne depuis le confinement est très important, se chiffrant à 50 milliards d’euros en août 2020. Mais le processus a été très disparate selon les ménages. Le CAE estime ainsi que les 20% des ménages plus aisés ont accumulé 70% du surcroît d’épargne pendant la crise. Les 10 % des ménages ayant le plus consommé en 2019 sont à également à l'origine de plus de 50 % de l'épargne accumulée.

De l’autre côté du spectre, les 20% des ménages les plus modestes ne sont pas parvenus à épargner et se sont même plutôt endettés.

«En moyenne, les pouvoirs publics ont plutôt bien préservé les revenus, mais il y a une énorme hétérogénéité entre les gens situés en bas et en haut de la distribution des revenus, à la fois en termes d’évolution des revenus et de l’épargne qu’ils ont pu accumuler pendant le confinement», explique au Monde Camille Landais, membre du CAE et co-auteur de l’étude.

Une baisse de la consommation variable selon les secteurs

L’autre enseignement de l’étude du CAE concerne la consommation. 

Ces 50 milliardaires US se sont fortement enrichis en 2020, possédant autant que 165 millions de leurs concitoyens
En baisse de 6,3 points durant le confinement comme on pouvait s’y attendre, elle a par la suite rebondi en juillet et août avant de s’essouffler peu à peu.

Certains secteurs en ont fait les frais plus que d’autres. Les services à la personne ont ainsi vu leur consommation fortement chuter, de même que l’hôtellerie, la restauration ou le secteur de l’habillement. À l’inverse, les services informatiques ont connu une hausse de la consommation de 13 et 24 % respectivement pendant et après le confinement.

Le CAE souligne également que la consommation de biens durables, comme les automobiles ou l’électroménager, a connu une chute de 10,9 % durant le confinement, avant un vif rebond à partir du mois de mai.
 

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