Pour éviter un scénario à la libanaise, le Togo en croisade contre «les produits dangereux»

Au Togo, les autorités s’inquiètent de la gestion des produits chimiques autour du port de Lomé. Alertées par les explosions du 4 août à Beyrouth, elles viennent de démarrer à titre de prévention une tournée d’inspection et de contrôle des entrepôts et espaces de stockage de marchandises dangereuses dans la zone portuaire.
Sputnik

Au Togo, les autorités ont entamé une visite d’inspection et de contrôle des entrepôts et espaces de stockage de marchandises dangereuses en zone portuaire pour prévenir les risques d’explosion. Démarrée le 14 septembre, cette tournée, qui va se poursuivre jusqu’au 6 octobre prochain, est menée par une commission ad hoc, mise en place par arrêté ministériel du département des Transports et présidée par Robert Bakaï, le directeur des Affaires maritimes du Togo.

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Après les explosions du 4 août dernier au port de Beyrouth, qui ont fait au moins 171 morts et plus de 6.000 blessés, les autorités ont choisi de prendre des mesures préventives.

«L’objectif de cette tournée est de chercher à savoir si des marchandises dangereuses existent dans les entrepôts de la zone portuaire, de s'assurer des bonnes conditions de stockage et de faire des recommandations à la fin de la mission si des mesures urgentes sont nécessaires», a-t-il confié à Sputnik.

Le port de Lomé, considéré comme le poumon économique du Togo, est aussi le seul en eau profonde de la région et il joue un rôle stratégique dans le transit des marchandises à destination des pays de l’hinterland comme le Niger et le Burkina Faso. Vu son importance, les autorités togolaises veulent donc y renforcer la sécurité.

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Cette inspection a été déployée après que, le 11 septembre dernier, Amah Hunlede, président de l’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques (l’Aniac Togo), s’était inquiété des risques d’explosion au port autonome de Lomé. Face à la presse, il avait affirmé que «des quantités importantes de produits chimiques de natures diverses» étaient couramment utilisées en milieux portuaire et industriel, dans  plusieurs secteurs d’activité dans le pays. Le plus souvent, ils étaient manipulés par des personnes «peu ou pas du tout formées» à leur utilisation.

«Les rejets volontaires des eaux usées, les effluents et les déchets industriels chimiques peuvent représenter des conséquences négatives de l’utilisation des produits chimiques dont il faut s’inquiéter», a déclaré Amah Hunlede sans citer la liste des produits chimiques en question.

Pour éviter une catastrophe humanitaire et sanitaire comme au Liban, le président de l’Aniac a informé que l’organe qu’il dirigeait allait «sensibiliser et intensifier la lutte pour une gestion correcte des produits chimiques dans le pays».

Pour endiguer tout ce qui peut être source de menace concernant les produits chimiques, tant dans leur utilisation que dans leur stockage, Amah Hunlédé s’est adressé aux premiers responsables des industries et sociétés qui utilisent ou entreposent des marchandises de cette nature au port ou dans la zone portuaire.

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Il leur a demandé de commencer eux-mêmes par «évaluer les causes possibles d’accidents majeurs» et d’identifier «les défaillances potentielles de matériels et de toutes dispositions d’ordre matériel, les défauts éventuels des procédés ou de la conception ainsi que les erreurs humaines possibles» qui pourraient entraîner un accident, et de les communiquer.

L’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques est une entité placée sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères du Togo. Elle a pour mission d’assister le gouvernement dans la conception et la mise en œuvre de la politique nationale sur l’interdiction des armes et produits chimiques prohibés par les traités et conventions internationaux (notamment la Convention sur l’interdiction des armes chimiques -CIAC- ratifiée par le Togo), ainsi que leur destruction.

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