Menaces d’al-Qaïda contre Charlie Hebdo: «On se serre les coudes», déclare l’avocat

Dans le cadre du procès des attentats de janvier 2015, l’avocat de Charlie Hebdo a réagi aux nouvelles menaces d’al-Qaïda* contre le journal satirique, convenant qu’elles étaient «inquiétantes», mais qu’elles concernaient «66 millions de Français» qui devaient «se serrer les coudes».
Sputnik

Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, a appelé ce 14 septembre à se «serrer les coudes» face aux nouvelles menaces proférées par al-Qaïda* contre le journal satirique pour avoir réédité des caricatures de Mahomet.

«La vraie menace, c'est cette peur. Qu'est-ce qu'on fait quand on a peur? On se serre les coudes. Dans mes rêves les plus fous [...] je rêve que 66 millions de Français, quelles que soient leurs confessions et leurs conditions, se disent non pas "Je suis Charlie" mais l'expriment [...]. Je me dis qu'on ne peut pas laisser seul Charlie Hebdo porter ce débat-là», a déclaré, cité par l’AFP, Me Malka en marge du procès à Paris des attentats de janvier 2015 qui ont fait 17 morts.

L’organisation terroriste a menacé le 11 septembre d'attaquer de nouveau Charlie Hebdo, qui a réédité des caricatures du prophète de l'islam Mahomet à l'occasion du procès, affirmant que le raid meurtrier de janvier 2015 contre le journal «n'était pas un incident ponctuel».

Charlie Hebdo «ce ne sont que 20 personnes, il faudrait qu'il y ait deux, 10, 50 Charlie, qu'on ne puisse plus les menacer, que ça ne serve plus à rien. Que le message qu'on leur fasse passer ce soit "passez votre chemin, plus vous nous assassinez, moins on renoncera"», a estimé Me Malka.

Des menaces «précises, travaillées»

Recteur de la grande mosquée de Paris: «Que Charlie Hebdo continue de vivre»
Il a fait remarquer que «depuis le début du procès [il n'y a] pas une heure qui passe sans que Charlie reçoive de nouveau des menaces.»

Selon l'avocat, celles brandies par al-Qaïda* «sont précises, travaillées, reprennent la charte graphique de Charlie».

«Nous les prenons au sérieux, elles sont inquiétantes. Évidemment, on a l'impression que l'histoire se répète, mais elle ne peut pas se répéter», a poursuivi Me Malka, pour qui ces menaces «concernent 66 millions de Français [...] tous ceux qui refusent de se soumettre au dogme de ces gens».

Le procès des attentats de janvier 2015, qui s'est ouvert devant la cour d'assises spéciale le 2 septembre, se replonge à partir de lundi dans les trois jours de cavale des frères Kouachi après le massacre à Charlie Hebdo, rappelle encore l’AFP.

Pour marquer l'ouverture du procès, le journal satirique a remis en Une les caricatures du prophète de l'islam Mahomet, qui en avaient fait une cible des djihadistes.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Discuter