Depuis la révolution de 2011, jamais la Tunisie n’avait eu des réserves de change aussi élevées

Les réserves de change tunisiennes en devises fortes ont atteint mardi 11 août 6,66 milliards d’euros, soit l’équivalent de 142 jours d’importation, annonce la Banque centrale de Tunisie sur son site officiel. Une première depuis la révolution de 2011.
Sputnik

En dépit de la crise économique et financière qui frappe le pays suite à l’épidémie de Covid-19, les réserves de change en devises fortes de la Tunisie ont atteint un niveau record depuis la révolution du Jasmin en 2011 qui a mis un terme au pouvoir du Président défunt Zine El Abidine Ben Ali. En effet, les notes de conjonctures publiées par la Banque centrale du pays sur son site rendent compte d’une progression constante de ces réserves ces derniers mois.

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Mardi 11 août, la Banque centrale a annoncé que les réserves de change avaient atteint de 21,5218 milliards de dinars (6,66 milliards d’euros), soit l’équivalent de 142 jours d’importation contre 95 jours pour la même période en 2019, une première depuis la révolution de 2011. La veille, les réserves s’établissaient à 21,5679 milliards de dinars (6,67 milliards d’euros), soit 143 jours d’importation.

Depuis plusieurs semaines, les réserves de change sont en hausse. À titre d’exemple, elles sont passées d’un équivalent de 135 jours d’importation le 14 juillet à 143 jours le 10 août.

Une situation difficile

Outre la hausse historique des réserves de change, la Banque centrale de Tunisie fait état d’une situation financière et économique délicate au terme du 2e trimestre 2020, selon un rapport publié le 10 août sur son site.

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Le document informe d’une «chute brutale de l’activité économique attendue au 2e trimestre 2020, avec un taux de croissance qui se situerait entre -12% et -10%, contre -2,0% enregistré au 1er trimestre».

Par ailleurs, le déficit budgétaire s’est creusé de -3,847 milliards de dinars (1,19 milliard d’euros) fin juin, contre -2.464 milliards de dinars (762 millions d’euros) un an plus tôt, «sous l’effet de la baisse importante des recettes de l’État conjuguée à une hausse des dépenses de fonctionnement».

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