Une note de la préfecture sur la tenue vestimentaire des policiers irrite la profession

La préfecture de Paris a récemment publié une note pour rappeler aux policiers le code vestimentaire à respecter. Cependant, la plupart des consignes concernent les femmes en interdisant les collants noirs ou encore le maquillage et le vernis à ongles trop voyant, ce qui fait s’indigner auprès du Parisien certaines fonctionnaires.
Sputnik

Des agents critiquent depuis quelques jours une note sur le code vestimentaire que la préfecture de police (PP) a adressé cette semaine aux fonctionnaires de Paris et de trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), rapporte Le Parisien.

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Cette note émane de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), le plus grand service de la PP, qui réunit 18.900 policiers dont 27 % de femmes.

Alors que les hommes portant la moustache ou la barbe sont priés de soigneusement la tailler, la majorité des consignes concernent les femmes dont certaines les jugent sexistes. Ainsi, cette note établie par la directrice de la DSPAP, Valérie Martineau, sur la base d’un arrêté de 2004, interdit les collants noirs ou fantaisie, les boucles d'oreilles pendentifs, le maquillage et le vernis à ongles trop voyant, la couleur de cheveux fantaisiste.

«C'est carrément vieux jeu!»

«On ne sait pas pourquoi cette note sort maintenant», s'indigne auprès du quotidien une commissaire parisienne avant d’ajouter: «On n'est plus en 1950! C'est carrément vieux jeu!».

Caroline Mecary, avocate parisienne féministe de la Cour européenne des droits de l'Homme, indique également au Parisien que «ces consignes sont d'un autre temps. C'est en décalage avec la société actuelle, complètement hors sol».

«On se doit d'incarner l'institution»

Cependant il y a celles qui approuvent ces consignes.

«Quand on porte l'uniforme, on se doit d'incarner l'institution», confie au quotidien une commissaire de police qui a préféré rester anonyme.

Quant à la préfecture, elle défend ce «rappel des règles déjà en vigueur» en expliquant que «la tenue impeccable et uniforme participe de l'exigence qu'on attend des policiers qui représentent l'autorité républicaine».

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