L’ex-Président tunisien affirme que l’Algérie a refusé son plan de relance de l’UMA à cause du Sahara occidental

L’initiative lancée en 2012 par l’ex-chef de l’État tunisien Moncef Marzouki pour relancer l’Union du Maghreb arabe a buté sur le refus de l’Algérie de s’engager sans une résolution préalable du conflit au Sahara occidental, a-t-il déclaré à Al Quds Al Arabi. Selon lui, les parlements maghrébins pourraient reprendre le projet.
Sputnik

L’ex-Président tunisien Moncef Marzouki affirme dans un entretien au quotidien Al Quds Al Arabi que son plan de relance de la construction de l’Union du Maghreb arabe (UMA) de 2012 a échoué suite au refus de l’Algérie de séparer la question du conflit au Sahara occidental opposant le Maroc au le Front Polisario. Il propose par ailleurs aux parlements des cinq pays maghrébins (l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie) un dégel de la situation.

«Le différend entre le Maroc et l'Algérie sur le Sahara occidental est une tragédie qui a coûté très cher [aux peuples maghrébins, ndlr] et le moment est venu d'y mettre un terme», estime M.Marzouki. Il explique que «ma conviction est que si nous tenons à ce qu'il n'y ait pas de dialogue avant de résoudre ce problème, nous nous condamnons à rester immobiles jusqu'à la fin des temps».

Le plan de 2012

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Moncef Marzouki raconte que la première tâche qu’il se fût donné à l’international après avoir pris en mains les destinées de la Tunisie était de relancer l’UMA.

À cet effet, il a proposé aux autorités algériennes, marocaines et libyennes de laisser en stand-by la question du Sahara occidental et de lancer le dialogue sur les cinq libertés à promouvoir dans l’espace maghrébin, à savoir: «la mobilité des personnes, le travail, la résidence, la propriété et la participation des citoyens maghrébins aux élections municipales de leur pays de résidence». Ceci devait selon lui constituer une première plateforme d’entente sur une nouvelle dynamique de construction de l’UMA. L’idée était que le conflit au Sahara occidental trouve une solution dans le cadre de cette nouvelle dynamique.

«Malheureusement, toutes les parties étaient d'accord à l'époque, à l'exception de la partie algérienne, qui a annoncé son rejet de la proposition», précise-t-il.

Une nouvelle proposition

L’ancien chef de l’État tunisien ne désarme pas et lance une nouvelle proposition aux parlements des cinq pays maghrébins.

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«Je propose d'introduire dans les cinq parlements, simultanément, des initiatives législatives qui incluent l'idée des cinq libertés», expose-t-il. «Le processus doit être coordonné entre les parlements […] et les intellectuels, les élites, les médecins, les avocats et les journalistes de tout le Maghreb» qui doivent participer à cette dynamique.

«Il faut demander aux dirigeants maghrébins de se réunir pour relancer la question», insiste-t-il, soulignant que «si la situation continue telle qu'elle est, ni les Algériens ni les Marocains ni les Tunisiens n'auront d'avenir».

L’Algérie qui estime que le problème du Sahara occidental, inscrit depuis des décennies au Conseil de sécurité de l’Onu comme une question de décolonisation, est un conflit entre le Maroc et le Front Polisario. Selon Alger, sa solution réside dans l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui conformément aux résolutions des Nations unies.

Mais le Maroc considère que le Sahara occidental fait partie intégrante de son territoire et que la solution au conflit est dans la mise en place d’une gouvernance autonome de cette région.

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