«Échauffourées» entre chômeurs et policiers devant l’Assemblée en Tunisie à cause de l’austérité - vidéo

Ce mercredi, «des altercations» ont eu lieu devant l’Assemblée des représentants du peuple à Tunis entre forces de sécurité et diplômés chômeurs qui manifestaient contre les mesures d’austérité. Ils demandent à ce que «toute personne au chômage depuis plus de 10 ans» soit recrutée et qu’une allocation soit créée, selon la presse locale.
Sputnik

Des dizaines de diplômés chômeurs tunisiens ont manifesté ce mercredi 10 juin devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), place Bardo dans la capitale Tunis, pour dénoncer le plan d’austérité annoncé fin mai par le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh qui a annoncé la suspension des recrutements.

Mosaïque FM, qui a publié une vidéo de la manifestation, relate que «des altercations ont eu lieu» entre les manifestants et les forces de l’ordre qui «les ont empêchés de poursuivre leur mouvement vers la place principale du Bardo».

Le média précise que «les protestataires ont scandé des slogans appelant à l'activation du projet de loi relatif à l'emploi de toute personne au chômage depuis plus de 10 ans».

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Le bureau exécutif de l’Union des diplômés chômeurs (UDC) a réagi au plan annoncé par le gouvernement, dénonçant «un contenu d’austérité ciblant directement les chômeurs et les classes marginalisées à travers la suspension du recrutement dans la fonction publique», relaye le site d’information Webdo.

Dans le même sens, l’UDC a demandé à l’exécutif de décréter une prime pour les chômeurs «extrêmement impactés par la crise du coronavirus», poursuit le site.

Les mesures d’austérité

Dans une circulaire rendue publique fin mai portant sur les orientations budgétaires de l’année 2021, le gouvernement annonce le «gel des recrutements dans la fonction publique, à l’exception de certaines spécialités prioritaires et à caractère urgent», et ce en raison de l’impact de la crise du Covid-19 sur les finances du pays, rapportait l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP).

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Le document prévoit également «le report de tous les nouveaux programmes de formation, dans le cadre des recrutements prévus pour 2022, la non-compensation des postes vacants et le recours au redéploiement des ressources humaines disponibles, pour couvrir les besoins dans l’administration tunisienne»

Le gouvernement tunisien explique la nécessité de ses mesures par le fait que «l’évolution significative de la masse salariale, laquelle a atteint des niveaux record», nécessite plus d’efforts pour pouvoir «la maîtriser et la ramener progressivement à des proportions raisonnables par rapport au PIB».

Le budget de la Tunisie pour l’année 2020 s’élève à environ 47 milliards de dinars (15 milliards d’euros), dont 20 milliards de dinars (six milliards d’euros) sont réservés au payement des salaires.

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