Les obstacles qu’on pose devant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entraîneront la montée du prix du gaz pour les citoyens de l’Union européenne, a déclaré mardi 19 mai le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l’issue d’une rencontre ministérielle du Conseil des États de la mer Baltique (CBSS).
«Les experts conviennent que presque toutes les options pour résoudre le différend juridique entraîneront la montée du prix du gaz pour les clients finaux, pour les citoyens de l’UE», a indiqué le ministre.
En plus, «la hausse du prix du gaz russe rendra le gaz liquéfié américain» plus compétitif, à son avis.
Le gazoduc sera construit malgré tout
Toutefois, le chef de la diplomatie russe s’est dit certain que le projet Nord Stream 2 serait mis en œuvre.
«Je suis persuadé qu’il sera réalisé. Il présente un intérêt pour l’Allemagne et les autres pays européens dont les sociétés participent à sa mise en œuvre. Toute l’Europe est intéressée par ce projet parce qu’il renforce la sécurité énergétique européenne», a noté M.Lavrov.
Obstacles juridiques
Le régulateur allemand BNA a précédemment annoncé avoir refusé d’exempter l’opérateur du Nord Stream 2 de la directive révisée sur le gaz de l’Union européenne. Cette directive -qui ne couvre pas les conduites de gaz construites avant le 23 mai 2019, ni les projets soutenus par la Commission européenne- prévoit notamment la séparation des activités entre fournisseurs et gestionnaires du réseau.
Gazoduc russo-européen Nord Stream 2
Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites de gaz longues de 1.230 kilomètres entre le littoral russe et l’Allemagne via la mer Baltique. Le gazoduc, d’une capacité totale de 55 milliards de m3 par an, doit passer par les eaux territoriales et les zones économiques exclusives de la Finlande, de la Suède et du Danemark.
Toutefois la Russie a l’intention de mettre en exploitation le Nord Stream 2 au premier trimestre 2021 au plus tard, comme l’a annoncé Vladimir Poutine en janvier dernier.