Des rues d’une ville marocaine nommées en l’honneur de prédicateurs orientaux radicaux - photos

Les habitants de Témara ont constaté que des rues de quartiers populaires avaient été nommées en l’honneur de prédicateurs radicaux saoudiens et égyptiens. La société civile a réagi, dénonçant l’initiative du maire. Elle demande le lancement d’une enquête.
Sputnik

Le maire de Témara, dans le nord-ouest du Maroc, issu du parti islamiste au pouvoir le Parti pour la Justice et le Développement (PJD), Mouh Redjali, a déclenché un tollé en baptisant des rues de quartiers populaires en référence à des prédicateurs radicaux wahhabites saoudiens et salafistes égyptiens. Alors que le pays vient juste de commémorer les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca qui ont fait 45 morts et une centaine de blessés, cette initiative a fait réagir la société civile qui appelle les autorités à intervenir.

Rappelant que le Maroc regorge de penseurs et intellectuels de renommée internationale et de culture universelle, tel que le défunt Mehdi El Manjra mort en 2014, le président de l’Association marocaine de protection des deniers publics (AMPDP), Mohammed El Ghalloussi s’est étonné sur Facebook du choix de ces prédicateurs aux «idées wahhabites obscurantistes».

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Cette initiative «montre le degré de propagation des idées de l’extrémisme religieux au sein des institutions publiques», met-il en garde, appelant «le ministère de l’Intérieur à intervenir et à ouvrir une enquête sur les circonstances de cette grave dérive».

Pour sa part, le députée socialiste Hanane Rihhab s’interroge également sur Facebook: «Quels liens ont ces noms avec la ville de Témara? Et qui sont ces personnes pour que le conseil communal baptise des rues de la ville avec leurs noms?»

L’institut Mohammed VI et la formation des imams

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La visite du pape François au Maroc les 30 et 31 mars 2019 a été l'occasion pour l'institut Mohammed VI, spécialisé dans la formation des imams à Rabat, d'exposer la philosophie des enseignements qu'il dispense afin de lutter «contre la radicalisation religieuse». En la présence du roi Mohammed VI et du souverain pontife, le directeur de l’institut, Abdeslam Lazaar, a affirmé que son établissement était le fer de lance de la diplomatie religieuse du Maroc de par sa lutte contre «contre les discours radicaux», selon l'AFP.

La mission première des enseignants est la discussion des idées reçues sur la religion musulmane. «En début de cursus, il arrive que des étudiants présentent des idées erronées en raison d'une mauvaise compréhension de l'islam», relevait le directeur, qui précisait que «les professeurs commencent par corriger les concepts erronés et démonter par l'argumentation les mauvaises interprétations des takfiristes [les extrémistes, ndlr]», selon la même source.

L'institut Mohammed VI accueille près de 1.300 étudiants venus de France, du Maroc et d'Afrique (Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Guinée Conakry, Sénégal, Tchad, Nigeria, Gambie et Gabon). Tous ces jeunes sont destinés à devenir les futurs cadres du culte musulman sunnite dans ces pays. Les matières dispensées à l'institut sont la langue arabe, la jurisprudence islamique, le dogme, les sciences du Coran, la récitation du Saint Livre et l'exégèse de ses versets.

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