En France, cet événement particulier est devenu la «bombe atomique» du Covid-19

Plus d’un millier de personnes auraient contracté le Covid-19 lors d’un rassemblement religieux qui a eu lieu en février à Mulhouse, selon une investigation de Radio France.
Sputnik

Une enquête de la Cellule investigation de Radio France révèle comment une semaine de prière et de jeûne à Mulhouse, qualifiée de «bombe atomique», a contaminé plus d’un millier de personnes.

Cet événement, qui s’est déroulé du 17 au 24 février dernier, est considéré comme l'un des points de départ de la propagation du Covid-19 dans la région Grand Est puis dans tout l’Hexagone. Près de 2.500 fidèles de l'église évangélique de la Porte ouverte chrétienne se sont réunis, certains venant de départements d’Outre-mer.

L'interdiction des rassemblements n'avait pas encore été prononcée à cette période. «Pendant ces cinq jours, les fidèles se sont donc salués, se sont fait la bise, et se sont tenus par la main parfois en priant pendant les célébrations», a expliqué à France Info Nathalie Schnoebelen, chargée de communication de la Porte ouverte.

La quasi-totalité des personnes présentes ont été contaminées, soit environ 2.000 sur 2.500, estime pour sa part Jonathan Peterschmitt, médecin généraliste à Mulhouse et pasteur de la Porte ouverte, lui aussi contaminé.

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La même semaine, le Président de la République se trouvait à Mulhouse où il a pris un bain de foule dans le quartier de Bourtzwiller, à quelques centaines de mètres du rassemblement religieux.

Une femme du quartier dit avoir serré la main d'Emmanuel Macron la veille du jour où elle est tombée malade. Son fils s’est senti mal peu après, relate France Info en citant un autre médecin généraliste de Mulhouse.

Propagation ultérieure

De nombreux fidèles contaminés sont ensuite rentrés chez eux, dans de multiples régions de France. Sans le savoir, ils ont transmis le virus à leur entourage. L'enquête cite notamment une infirmière de Strasbourg qui aurait involontairement contaminé 250 collègues soignants.

C'est «une espèce de bombe atomique qui nous est tombée dessus fin février et qu'on n'a pas vue», a indiqué Christophe Lannelonge, directeur général de l'Agence régionale de santé du Grand-Est.

Un autre moyen pour le culte

Un mois après la découverte de plusieurs cas de coronavirus à la suite de ce rassemblement de l’église évangélique, le nouvel office organisé le 22 mars à Mulhouse a provoqué l’inquiétude des habitants. Cependant, arrivées sur place, les forces de l'ordre n’ont pas «constaté de rassemblement dépassant les vingt personnes autorisées dans les lieux de culte encore ouverts». Face aux réactions de nombreux riverains, l'église évangélique a diffusé via son compte Facebook une vidéo pour suivre le «culte en direct» depuis chez soi.

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