Depuis le début de l'année, pas plus de 35.000 personnes sont parties des zones de combat en Syrie pour la Turquie, parmi lesquelles de nombreuses familles de radicaux, a déclaré ce mardi 3 mars le chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, Oleg Jouravliov.
Selon lui, dans les zones libérées par les forces gouvernementales syriennes contre les terroristes, entre janvier et février 2020, 210.000 personnes vivaient à l'est de la zone de désescalade et encore 50.000 au sud de l’autoroute M4.
«Pendant cette période, les moyens de contrôle objectif ont enregistré et les habitants ont confirmé qu'ils avaient quitté les zones de combat et s’étaient déplacés, pour un maximum de 35.000 personnes, sur le territoire turc, à savoir les familles des groupes terroristes», a expliqué Oleg Jouravliov.
En outre, jusqu'à 50.000 personnes se sont déplacées dans la zone de l'opération militaire turque Rameau d'olivier, dans les environs d’Afrine, et pas plus de 100.000 dans les zones frontalières de la Turquie.
L’armée syrienne n’a pas engendré de crise humanitaire
Qui plus est, le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, se référant à ses propres données, a démenti que la riposte de l'armée gouvernementale syrienne à Idlib avait provoqué une crise humanitaire.
«Les données factuelles objectives du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie réfutent toute tentative des pays ou organisations concernés d'utiliser la riposte des forces syriennes contre les terroristes, dans la zone de désescalade d'Idlib, en janvier-février 2020, pour l’accuser d’une prétendue "crise humanitaire". Ces déclarations sont tendancieuses et totalement fausses», a martelé Oleg Jouravliov.
Des flux de migrants
Les critiques contre la Syrie et la Russie de la part de la Turquie et des États-Unis sur les millions de réfugiés présumés et la «crise humanitaire» en raison de la situation à Idlib sont irrecevables, estime le chef du Centre russe.
«De nombreuses déclarations et critiques à l'encontre des dirigeants de la République arabe syrienne et de la Russie de la part de représentants de la République turque, des pays européens et des États-Unis sur les flux de réfugiés présumés se comptant en millions et la "crise humanitaire" due à l'aggravation de la situation dans la zone de désescalade d'Idlib sont irrecevables», a-t-il déclaré.
Montée des tensions à Idlib
Les tensions dans le gouvernorat syrien d’Idlib sont montées en flèche après que des combattants du groupe Hayat Tahrir al-Cham* (anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra*) ont lancé le 27 février une attaque contre les positions des forces gouvernementales syriennes. Ces dernières ont riposté, tuant 36 soldats turcs qui, comme l’a précisé la Défense russe, n’auraient pas dû s’y trouver. La Russie a fait le nécessaire pour un cessez-le-feu total côté syrien et a garanti l’évacuation des morts et des blessés. Moscou a souligné que son aviation n’avait pas opéré dans cette région.
*Organisation terroriste interdite en Russie