Pédocriminalité: un responsable pompier «gourou» accusé d’agressions sexuelles sur mineurs

De jeunes sapeurs-pompiers âgés entre 12 et 16 ans auraient été victimes d’agressions sexuelles par des encadrants dans le Loiret. Deux hommes ont été mis en examen, selon France Bleu Orléans. Interrogé par Sputnik, le capitaine Michel Gougou, qui a signalé les faits, fait le point.
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C’est une information exclusive que rapporte France Bleu Orléans ce 26 février: à Corbeille-en-Gâtinais (Loiret), une quinzaine de jeunes sapeurs-pompiers âgés de 12 à 16 ans auraient été victimes d’agressions sexuelles de la part de deux responsables, eux-mêmes pompiers volontaires et ce depuis 2005. Contacté par France Bleu, le parquet de Montargis a confirmé la mise en examen de Stéphane G. et Quentin V., les agresseurs présumés.

En juillet 2019, le capitaine Michel Gougou, président des sapeurs-pompiers du Loiret, fait un signalement auprès de la gendarmerie qui amène le parquet de Montargis à ouvrir une enquête préliminaire. Le capitaine déclare à Sputnik avoir alerté non pas suite à des témoignages d’agressions, mais après avoir eu connaissance de soirées organisées par Stéphane G., le président des jeunes sapeurs-pompiers, à son domicile:

«Fêtes durant lesquelles la consommation d’alcool, de cigarettes et de baignades nues dans la piscine privée étaient de rigueur! Ceci ne cadre pas avec les valeurs que nous inculquons à nos jeunes sapeurs-pompiers», précise le capitaine Michel Gougou à Sputnik.

Selon le média, les premiers faits d’attouchements et d’agressions sexuelles dateraient de 2005. Sur une quinzaine de victimes présumées, huit se sont déclarées. À la suite des auditions, Stéphane G., a été interpellé et placé en garde à vue le 5 août2019. Le juge d’instruction le met en examen «pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans et mineur de plus de 15 ans ainsi que pour corruption de mineurs». D’après les informations de France Bleu, il est toujours incarcéré. 

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Pourquoi l’affaire éclate-t-elle six mois après les faits? Pour garantir le bon déroulé de l’enquête, le procureur de la République n’a autorisé aucune diffusion, affirme Michel Gougou avant d’assurer qu’il n’y a eu «aucune omerta de notre côté».

Un gourou

Par ailleurs, la radio, qui se réfère à une source proche de l’affaire, rapporte que le pompier incriminé est qualifié de «gourou, avec une emprise sur les jeunes». Une emprise telle que Quentin V. 22 ans, le second auteur des faits présumés, était lui aussi l’une de ses victimes. Le jeune homme décrit comme psychologiquement instable aurait à son tour abusé de sept jeunes sapeurs-pompiers, envoyant des messages et des propositions à caractère pornographique à des mineurs, motifs pour lesquels le pompier sera mis en examen en janvier 2020. Il a depuis été libéré et placé sous contrôle judiciaire.

Les deux hommes présumés innocents «minimisent et nient partiellement» les faits. L’enquête se poursuit. Leur matériel informatique a été saisi et doit être exploité sous peu. Quant à leur devenir au sein des sapeurs-pompiers du Loiret, le capitaine affirme que des mesures ont été prises.

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«L’un comme l’autre ont été suspendus à titre conservatoire par le directeur départemental des Services d’incendie et de secours et révoqués sur leurs fonctions associatives dès que nous avons eu connaissance de la procédure judiciaire.» 

Après l’école, l’Église, la médecine, le cinéma ou encore le sport, de plus en plus d’institutions sont touchées par des scandales pédocriminels qui démontrent l’ampleur de ce fléau, bien trop souvent cantonné au silence. Afin de lever le voile sur le tabou autour de la pédocriminalité et pour une meilleure prévention, nombreux sont ceux qui s’organisent pour sensibiliser et protéger les jeunes. Le responsable de l’Union départementale des sapeurs-pompiers du Loiret garantie en faire partie:

«Nous y travaillons régulièrement dans le cadre de la formation des mineurs par une approche pédagogique spécifique, des lieux de formation adaptés et un environnement stable. La présence de plusieurs formateurs lors des séances, l’interdiction d’être seul avec un mineur, l’interdiction de bizutage et une implication forte des parents.»

Le capitaine Gougou se veut rassurant et assure que cette affaire reste un cas isolé et qu’habituellement «la majorité des activités ludiques ou récréatives se passent au sein de nos locaux et/ou avec les parents

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