Ni la pluie, ni le froid n’ont pu avoir raison de la détermination des avocats. Vers 13 heures, ils se sont rassemblés devant la grille de l’Assemblée nationale pour faire entendre leurs arguments contre la réforme des retraites, en cours de discussion dans l’hémicycle.
Avant d’allumer des fumigènes et d’entamer l’hymne des Gilets jaunes en insistant bien sur le fait qu’il faut «ne pas oublier de créer l’animation pour les forces de l’ordre aussi, parce qu’ils doivent savoir que leur retraite ne serait pas meilleure que la nôtre».
Le soleil revient, la bonne humeur ne s’estompe pas, les avocats, dont nombreux portent les drapeaux ou des autocollants du Syndicat des avocats de France (SAF), continuent à chanter des chants avec leurs propres paroles. Et tant pis si le soliste chante faux, «l’important est d’y croire».
«L’objectif de leur mobilisation est d’être entendus par les parlementaires», précise à Sputnik Ugo Bernalicis, député de La France insoumise. «On pourrait se moquer d’eux et dire qu’ils étaient déjà reçus une bonne douzaine de fois par le ministre de la Justice. Sauf qu’on les a écoutés, mais pas entendu, en renvoyant vers le système universel».
Plusieurs groupes s’organisent pour entrer à l’Assemblée et rencontrer les députés, les autres avocats restent, malgré la demande des forces de l’ordre de libérer le passage pour empêcher «d’avoir une image [de manif d’avocats, ndlr] devant l’Assemblée nationale».
«Je trouve qu’il faut accepter de faire entrer les avocats à l’Assemblée nationale, c’est quelque chose de symbolique. On n’a aucune vacation à nous bagarrer avec la Police nationale», souligne Me Nicolas Thomas-Collombier, avocat au barreau de l’Essonne et membre du SAF.
«Mais grâce aux négociations des députés de La France insoumise, des communistes et des socialistes, nous avons pu exercer notre droit de manifester avec dignité», conclut pour Sputnik Me Nicolas Thomas-Collombier.
L'avis quelque peu entaché par l'evacuation musclée des avocats assis devant l'Assemblée nationale vers 17 heures.