Dèces de Goo Hara: que dissimule cette nouvelle mort dans le monde de la K-pop?

Cela fait plusieurs mois que la pop sud-coréenne est frappée par une vague de suicides de jeunes célébrités. Avec la mort récente de la star Goo Hara, les réseaux sociaux font écho du chagrin des fans et un débat sur le harcèlement en ligne refait surface.
Sputnik

Moins de deux mois se sont écoulés depuis le suicide de la chanteuse et actrice sud-coréenne Sully alors que la Corée du Sud est de nouveau secouée depuis le 24 novembre par un nouveau drame dans le monde de la K-pop: une ex-membre du groupe Kara, Goo Hara, 28 ans, a été retrouvée morte à son domicile de Séoul.

La police, qui enquête sur les causes de la mort, envisage la piste d'un suicide en raison d’une note laissée sur une table. Tandis que le groupe annule les concerts prévus et que la famille du défunt se prépare à des funérailles dans le calme, les fans de la jeune chanteuse tentent de comprendre ce qui a motivé Hara pour un tel choix.

Victime du chantage

Selon le journal Munha Ilbo, la chanteuse, tout comme Sully, a été traitée pendant une longue période pour une dépression en raison d’un cyberharcèlement. Après une rupture sentimentale en septembre 2018, la chanteuse a été victime du chantage d’un ex-petit ami qui menaçait de rendre publiques des vidéos à caractère sexuel et ainsi de mettre fin à sa carrière. L’homme avait été condamné en août pour de nombreux délits, dont une tentative de chantage, recevant une peine de prison avec sursis.

Après des séances de psychothérapie et la reprise de ses concerts, les symptômes de sa dépression ont commencé à disparaître, mais la disparition de son amie Sully a tout bouleversé. En mai, Goo Hara a tenté de se suicider, mais après son hospitalisation, la chanteuse a annoncé qu’elle allait commencer une nouvelle vie et a signé en juin un contrat avec une agence de production japonaise.

Cyberharcèlement

Avant la découverte de son corps dimanche, son compte Instagram comptait de nombreux commentaires humiliants sur son apparence et son passé avec cet ex-petit ami. «Le visage précédent était meilleur», «Une double paupière c’est étrange», «Elle gagne de l'argent en couchant», «Vivez tranquillement et ne postez pas de photos tous les jours afin de ne pas provoquer de commentaires désagréables», disent certains commentaires malveillants.

La tragédie de Hara a de nouveau relancé le débat sur la nécessité de s’inscrire sur des sites sous son vrai nom afin de décourager le désir d’exprimer anonymement sa colère contre des personnalités. Certains demandent de désactiver complètement les commentaires dans les articles sur le show-business ou d'adopter une loi sur la responsabilité pour les déclarations malveillantes sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser davantage le public.

Après l'annonce de la mort de Hara, des fans ont commencé à terroriser son ex-petit ami et le juge qui avait rejeté en première instance la demande de la chanteuse de condamner le jeune homme à une peine de prison.

Implication des médias

Les utilisateurs accusent également les «sales» journalistes qui, en quête de toujours plus de vues, écrivent des articles qui contribuent aux commentaires malveillants et répandent une atmosphère négative. D'autres disent qu'il ne faut pas tout blâmer, car toutes les personnalités sont attaquées en ligne.

«Si le problème est uniquement lié à des commentaires malveillants, comment vivent les politiciens? Pourquoi cela devient-il un problème uniquement pour les idoles [jeunes célébrités dans le show-business sud-coréen, ndlr]? Il faut commencer avec cela. On les a arrachés à la société et on ne veut que les faire réussir, après cela il leur est difficile de revenir à la société. Nous devons étudier attentivement les raisons pour lesquelles les jeunes femmes idoles souffrent si souvent de dépression. Pourquoi essaient-elles toujours de blâmer quelqu'un d'autre?», écrit un utilisateur.

Kim Jong-un au concert des musiciens sud-coréens de K-pop à Pyongyang
Comme le note le quotidien Munha Ilbo, toutes les stars coréennes qui ont mis fin à leurs jours sont réunies par le fait qu’elles ont commencé leur carrière en tant qu’adolescentes. Malgré une popularité frénétique et les énormes fortunes gagnées entre 20 et 30 ans, elles sont également soumises à un stress énorme qui aboutit souvent à une dépression. La constante préoccupation de maintenir leur popularité, la solitude générée par une restriction des contacts, la responsabilité de soutenir leur famille dès le plus jeune âge, tout cela est difficile à tenir pour les gens ordinaires. Mais actuellement, ce sont les dures réalités du show-business sud-coréen… qui réjouissent des millions de fans à travers le monde.

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