Nouveau documentaire espagnol: «Le terrorisme en Syrie est soutenu par les grandes puissances»

«Par amour pour la Syrie» est un documentaire espagnol réalisé et écrit par Susana Oviedo. Elle s’est rendue dans le pays pour constater que les Syriens restaient un peuple insoumis, décidé à se défendre, mais que les radicaux étaient largement soutenus et financés par l’Occident. Elle en a fait part à Sputnik.
Sputnik

Susana Oviedo, auteure et scénariste du documentaire «Par amour pour la Syrie», a évoqué pour Sputnik les raisons qui l’ont poussée à tourner ce film, la découverte du pays et de ses habitants, et les dangers que présente le conflit pour l’Europe.

Elle raconte avoir suivi le conflit syrien depuis son premier jour.

«Le désir de transformer ce pays en nouvelle Libye était évident pour nous. Or ces tentatives ont essuyé un échec. En 2016, avec le soutien de la Russie, les troupes gouvernementales ont libéré Alep. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée de faire un documentaire sur la vie des Syriens, de parler à de simples gens qui continuaient à vivre, travailler et étudier malgré tout. C’est à eux que j’ai consacré mon film.»

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Susana Oviedo a interviewé un grand nombre de représentants des métiers les plus divers qui ont parlé de leur expérience de vie dans les conditions de la guerre.

«Notre objectif est de dire la vérité et de la dire simplement, en contrepoids à la campagne de désinformation déclenchée par les médias occidentaux», dit-elle.

La guerre vue par les Syriens

Susana Oviedo revient également sur la vision du conflit par les Syriens eux-mêmes et souligne qu’ils savaient très bien qui étaient leurs amis et leurs ennemis.

«Dans le film, des personnes très différentes répètent la même chose: la vie avant la guerre était merveilleuse. Et elles souhaitent la rétablir avec l’aide de leurs amis dont fait partie la Russie.»

«Ainsi, le directeur d’un hôpital de Damas m’a dit: "De nombreux peuples rêvent d’un avenir radieux et nous, Syriens, nous rêvons de notre passé radieux."»

Interrogée sur ce qui l’avait marquée en Syrie, elle déclare avoir constaté que les habitants étaient fiers de leur pays.

«J’ai d’abord vu tout un peuple insoumis […] Ensuite, j’ai été étonnée de voir à quel point les Syriens étaient loin de tout conflit sur une base religieuse ou autre. Ces gens aux croyances les plus différentes veulent et sont prêts à coexister en paix. Ce qui prouve que la guerre a été imposée à la Syrie. C’est la même raison pour laquelle ce pays a tenu bon. C’est sans doute ça ma plus grande découverte.»

Plus tard dans l’entretien, Susana Oviedo parle de ses impressions, précisant qu’elle n’était allée «que dans des lieux relativement sûrs, libérés des terroristes».

Le rôle de l’Occident

Puis elle évoque dans ce contexte son voyage à Douma «à peine quelque jours après la présumée attaque chimique».

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«Et nous n’en avons trouvé aucune trace! Par contre, nous avons vu les traces d’une large présence de terroristes. J’ai été particulièrement frappée par leurs tunnels. Ce sont de vrais ouvrages d’infrastructures qui n’auraient jamais pu être construits sans un important soutien financier», constate-t-elle.

«L’ampleur des constructions ne laisse aucun doute: le terrorisme en Syrie est soutenu par les grandes puissances», affirme-t-elle.

Le Centre russe pour la réconciliation

Elle évoque aussi le rôle des militaires russes et pointe le fait qu’ils étaient «l’objet de nombreux mensonges». Elle rappelle notamment les articles des médias occidentaux sur de présumés bombardements russes de civils.

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«Nous avons pu parler aux habitants locaux et comprendre que ce n’était pas vrai. Les militaires russes n’ont jamais entamé une opération avant l’évacuation complète des civils.»

Susana Oviedo qualifie d’efficaces les activités du Centre russe pour la réconciliation en Syrie.

«Ceux qui, hier, encore se battaient contre les autorités légitimes rendent aujourd’hui les armes et retournent à la vie pacifique. Et ce, grâce à une série de mécanismes efficaces appliqués par la partie russe».
Ce qui se cache derrière le mot «guerre»

Elle se dit impressionnée par le nombre d’étrangers, notamment originaires d’Europe, combattant dans les rangs des extrémistes.

«Je réalise avec inquiétude que nous courons un grand danger au fur et à mesure que ces personnes rentrent dans leurs pays», partage-t-elle.

Enfin, elle souligne que le film a déjà été présenté dans plusieurs villes d’Espagne et d’Argentine où il a suscité un vif écho auprès des spectateurs. Cela étant, l’équipe a décidé de sous-titrer le film en d’autres langues afin de le diffuser plus largement et d’expliquer ce qui se cache derrière le mot «guerre».

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