Pourquoi Facebook n'empêche-t-il pas les gangs albanais au Royaume-Uni de publier des préavis de raids d’immigration?

Des criminels albanais se servent de Facebook pour annoncer des raids d'immigration, faire passer des migrants clandestins au Royaume-Uni, enregistrer de faux mariages et organiser de faux tests de citoyenneté en anglais, rapporte le média Telegraph. Sputnik a discuté du problème avec un analyste britannique.
Sputnik

Selon le média Telegraph, des criminels albanais influents dans le crime organisé au Royaume-Uni utilisent le compte Facebook «Albanians in London» pour faire passer illégalement des migrants sur le sol britannique, contrer les raids d'immigration et organiser de faux mariages. Sur ce compte aux 123.000 abonnés, tous les stratagèmes criminels sont accessibles au public.

Les réseaux sociaux au service des criminels et des terroristes?

«On constate ces dernières années à quel point criminels et terroristes sont habiles au point d’utiliser à leur avantage les sites des médias sociaux les plus ouverts et les moins cryptés, que ce soit pour recruter des adeptes, offrir des services criminels ou diffuser du contenu extrémiste», rappelle à Sputnik David Lowe, chercheur principal à la faculté de droit de l'Université de Leeds Beckett, qui dirige également une société de conseil sur le terrorisme et la sécurité, expliquant pourquoi Facebook aurait pu fermer les yeux sur ce compte.

Selon lui, après avoir consulté des sites albanais sur Facebook, dont un certain nombre intitulés «Albanais à Londres», à première vue, rien de louche.

«Sachant que le site utilisé pour avertir des raids d'immigration et informer d’autres activités néfastes a été supprimé avant ma recherche, on peut comprendre pourquoi les administrateurs de Facebook ont omis de les bloquer», poursuit M.Lowe.

Et d’ajouter que si la publicité ou les sites étaient manifestement liés à des activités criminelles ou terroristes, les entreprises de médias sociaux les enlèveraient, évidemment.

Il faut plus de vigilance!

«Là où le stratagème est plus subtil, des entreprises comme Facebook s'appuient sur des algorithmes pour identifier les contenus contraires à leur politique, et cela montre que bien des choses peuvent être négligées. Pour veiller à ce que le contenu soit contrôlé de manière plus efficace par ces entreprises, elles devraient faire appel à des yeux plus humains pour vérifier le contenu et je le préconise depuis un certain temps», relève le spécialiste.

Quand les réseaux sociaux favorisent le trafic de migrants

Il souligne que la prolifération des groupes criminels albanais n'est pas un problème du seul Royaume-Uni, mais aussi celui de nombreux États européens.

La coopération des polices s’impose

«L'Agence nationale de la criminalité (NCA) envoie ses officiers en Albanie pour travailler en coopération avec des collègues locaux. En outre, il est très important que les services de police de différents pays coopèrent, ce qui inclut le partage de renseignements, le cas échéant. Même si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, j’espère bien que des accords seront conclus entre le Londres et Bruxelles, notamment avec l'agence de police de l'UE, Europol», détaille l’analyste.

Et d’insister que les criminels et les terroristes ne reconnaissaient pas les frontières géographiques des États, et que les renseignements que le Royaume-Uni pourrait partager seraient tout aussi utiles aux agences de police des 27 États membres de l'UE.

«Il est temps que les entreprises de réseaux sociaux se mettent à travailler plus efficacement pour empêcher les criminels d’exploiter leurs services. […]  Que ce soit Facebook, Twitter, WhatsApp, YouTube ou d'autres médias sociaux, ils doivent être vigilants pour vérifier le contenu des sites», résume l’interlocuteur de Sputnik.

 

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