Le Sénat publie un rapport catastrophiste sur l’état des exportations agricoles françaises

Dans un rapport, des sénateurs français tirent la sonnette d’alarme: dès 2023, la France pourrait perdre sa place de champion agricole en Europe et importer davantage qu’elle n’exporte. Mais cette tendance cache un autre problème, celui des importations ne respectant pas les normes sanitaires françaises.
Sputnik

Fin mai, les sénateurs du groupe d’études «Agriculture et Alimentation» ont publié un rapport sur l’état des exportations et importations françaises. D’après eux, des «évolutions alarmantes» touchent le secteur des exportations agricoles, notamment une stagnation en volume de la production française, une possible perte d’excédent agricole et «une atteinte à la sécurité alimentaire des Français», compte tenu de l’absence de respect des normes sanitaires françaises pour certaines importations.

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Pourtant leader européen en matière agricole avec une production supérieure à celle de ses concurrents (l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne), la France doit s’attendre à rencontrer des difficultés dans les exportations de ce domaine. Cela peut être considéré comme un problème vital pour un pays dont l’excédent commercial a historiquement résidé dans la production de vins et spiritueux, les céréales, notamment le blé et l'orge, les produits laitiers, les bovins, les ovins ou les volailles vivants et les sucres.

Dans leur rapport, les sénateurs s’inquiètent de la stagnation de la production agricole française depuis la fin des années 1990. Actuellement, la France se place au sixième rang parmi les exportateurs mondiaux alors qu’en 2005 elle occupait la troisième place.

Une autre tendance alarmante est la hausse des importations. Depuis 2000, ces importations ont presque été multipliées par deux (+87 %), en particulier en ce qui concerne le fromage et le beurre. Les niveaux d’importation sont aussi alarmants sur d’autres produits: selon le rapport, par exemple, près d’un fruit ou légume consommé sur deux est importé.

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De plus, les sénateurs sont également préoccupés par le non-respect grandissant des normes sanitaires pour certaines importations. Les produits qui sont les plus exposés à ce risque sont le thé en provenance de Chine (13 %), les piments de la République dominicaine (16 %) et les pistaches des États-Unis (20 %), détaille Le Parisien.

«On peut estimer qu'entre 8 et 12 % des denrées alimentaires importées de pays tiers ne respectent pas les normes européennes de production et sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité sanitaire de nos concitoyens», indique le document.

Le rapport du Sénat analyse les causes des problèmes du secteur agroalimentaire et conclut que l’élévation des charges en France en est responsable. Par exemple, le coût d’une heure de travail en France est respectivement 1,7 et 1,5 fois plus élevé qu'en Espagne et qu'en Allemagne. De plus, ces écarts salariaux ne cessent d’augmenter.

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