Les USA poussent Berlin à maintenir ses avions en Syrie pour espionner, selon Der Spiegel

Les États-Unis cherchent à persuader l’Allemagne de prolonger la mission anti-Daech* de ses avions en Syrie et en Irak en raison notamment des capacités des Tornado de mener des missions de reconnaissance, d’après Der Spiegel.
Sputnik

L’opération des avions allemands Tornado en Syrie et en Irak, qui devrait prendre fin en octobre, peut être prolongée à la demande de Washington qui compte sur Berlin pour la protection de ses soldats au sol, a annoncé le magazine Der Spiegel se référant à une lettre confidentielle adressée par le chef du commandement central des États-Unis (CENTCOM) Kenneth McKenzie au chef d'état-major de la Bundeswehr.

«La coalition a besoin du potentiel militaire de tous ses partenaires pour mener les opérations contre les extrémistes dans la région. Je vous demande donc respectueusement de poursuivre votre assistance en effectuant les missions de reconnaissance, le ravitaillement des avions en vol et en assurant la formation de soldats en Irak», indique la lettre du général McKenzie citée par Der Spiegel.

Selon l’hebdomadaire allemand, cette lettre pousse le gouvernement allemand à proroger le mandat des forces déployées depuis 2015 en Jordanie sous le nom de Camp Sonic.

Menace iranienne? Berlin suspend la formation des soldats irakiens
Les avions stationnés à la base de Camp Sonic en Jordanie effectuent des missions de reconnaissance et assurent le ravitaillement en vol des avions alliés.

Fin mai, Der Spiegel a annoncé que des négociations secrètes américano-allemandes sur le prolongement de cette mission au Proche-Orient se déroulaient depuis des mois. Berlin aurait fait savoir qu'il serait prêt à participer à la sécurisation d'une zone tampon dans le nord de la Syrie. Le chef de la diplomatie Heiko Maas, qui a visité vendredi 7 juin la base aérienne en Jordanie, a reconnu que les avions allemands pourraient y rester après le 31 octobre. Cette déclaration a été faite à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, note Der Spiegel.

Le Pentagone refuse de commenter la présence d’armes US chez les Kurdes syriens
Toutefois, ce projet ne bénéficie pas d’un soutien total en Allemagne. Le Parti social-démocrate (SPD) de Heiko Maas et l’Union démocrate-chrétienne (CDU) d’Angela Merkel, membres de la grande coalition au pouvoir, ont convenu en 2018 que la mission en Jordanie devrait se terminer en 2019 au plus tard. Le chef intérimaire du SPD, Rolf Mützenich, a récemment souligné que son parti était contre ce prolongement.

Les soldats américains se trouvent dans le nord de la Syrie pour aider les Forces démocratiques syriennes (SDF) à combattre Daech*. Dans sa lettre, le général McKenzie a affirmé que la lutte contre Daech* en Syrie et en Irak était loin d'être terminée.

Le 19 décembre, Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient écrasé Daech* en Syrie, précisant que la lutte contre le groupe terroriste était la seule raison de la présence militaire américaine dans le pays. Mais il a ensuite insisté sur la création d’une zone tampon de 30 km dans le nord de la Syrie pour protéger les Kurdes et les FDS contre des attaques turques. Les FDS sont dominées par les Unités de protection du peuple kurde (YPG) que la Turquie considère comme une organisation terroriste et la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit en Turquie.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Discuter