Démarche de Trump sur le Golan: «un signe avant-coureur d'affrontement au Proche-Orient»?

La déclaration de Donald Trump sur la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan syrien, illégalement occupé et annexé par l’État hébreu, a mis en émoi les acteurs régionaux. Des politologues turcs ont fait part à Sputnik de leurs idées concernant cette décision unilatérale du Président états-unien.
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La décision du Président états-unien de reconnaître la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, qu'Israël avait occupé pendant la guerre des Six jours en 1967 et annexé en 1981, fait craindre une nouvelle montée des tensions au Proche-Orient.

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«Profitant de cette démarche américaine, Israël s'appliquerait à étendre sa sphère d'influence dans les territoires qu'il occupe», a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Gokhan Bozbas, coordinateur du Centre turc d'études stratégiques du Proche-Orient (ORSAM).

Et d'ajouter que la déclaration de Donald Trump sur le Golan signifiait une violation pure et simple de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies et le soutien explicite des États-Unis à l'occupation israélienne.

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Selon M.Bozbas, cette décision de Washington fait évidemment le jeu du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui s'applique à remporter les élections à la Knesset du 9 avril.

Un autre interlocuteur de Sputnik, Yasin Atlioglu, spécialiste turc du Proche-Orient et de l'Afrique, n'a pas exclu pour sa part que la «politique pro-israélienne» de Donald Trump au Proche-Orient puisse provoquer un conflit régional d'envergure.

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Il a rappelé que la démarche de Washington sur le Golan avait été précédée par la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale de l'État hébreu et le transfert de l'ambassade des États-Unis dans cette ville.

«Ajoutée au durcissement des sanctions anti-iraniennes, à la politique américaine à l'encontre de la Syrie et aux sanctions visant le Hezbollah libanais, la décision de Trump sur le Golan pourrait être considérée comme un signe avant-coureur d'affrontement au Proche-Orient. […] Le chaos et l'instabilité se sont installés dans cette région, et la démarche de Trump ne ferait qu'aggraver la situation», a constaté l'expert.

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Et de souligner que la communauté internationale aurait dû condamner beaucoup plus fermement la démarche de Donald Trump sur le Golan car il s'agissait d'un précédent extrêmement dangereux, d'autres États pouvant désormais tenter de légitimer leurs tentatives d'occuper des territoires étrangers.

La majorité de la communauté internationale a condamné la signature par le Président états-unien de la déclaration sur la reconnaissance du plateau du Golan comme appartenant à Israël. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a salué cette démarche unilatérale de Donald Trump. Néanmoins, les réactions au sein de la communauté internationale, y compris parmi les alliés les plus proches des États-Unis dans le Golfe et en Europe, ont été contraires. Damas a souligné que cette décision de Washington allait à l'encontre des résolutions des Nations unies, qui déclarent cette annexion «nulle et non avenue».

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