Morgan Stanley prévoit un renversement complet de la dynamique du dollar en 2019

Selon la banque Morgan Stanley, trois dynamiques clés qui ont poussé le dollar à la hausse l’année dernière devraient s’inverser en 2019, plaidant en faveur de la dépréciation de la monnaie américaine.
Sputnik

Un ralentissement cyclique dans le reste du monde, des risques croissants de protectionnisme et une politique monétaire souple et restrictive aux États-Unis ont «boosté» le dollar l'année dernière, ont expliqué à Bloomberg jeudi les stratèges de la banque Morgan Stanley sous la houlette de Hans Redeker. «2019 ressemblera à un renversement de 2018», ont-ils mis en garde.

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«La Réserve fédérale des États-Unis a annoncé une nouvelle hausse des taux d'intérêt et envisagé de suspendre la liquidation de son portefeuille d'obligations dans quelques trimestres. Sur le plan fiscal, cette année, on ne reverra pas la réduction d'impôt appliquée l'an dernier. […] Les tensions commerciales sont en train de se résorber, avec des négociations sino-américaines à un niveau élevé et au moins une perspective d'un accord permettant de réduire les hausses des droits de douane à temps. […] Les mesures de relance chinoises devraient porter leurs fruits si la croissance économique se redressait ou du moins se stabilisait au cours des prochains mois. Cela devrait en retour aider la zone euro tributaire du commerce, où certains indicateurs sont devenus plus positifs ces derniers temps», ont-ils indiqué.

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«Les marchés ne semblent pas préparés» pour que ces trois dynamiques génèrent un cycle de faiblesse du dollar qui se renforce automatiquement, ont déclaré Redeker et son équipe, soulignant des paramètres tels que la volatilité implicite du dollar et du yen. «Nous pensons que les marchés sous-évaluent considérablement la non-linéarité de cette dynamique qui se renforce elle-même».

Le groupe Morgan Stanley a également évoqué une dynamique à plus long terme qui pourrait peser sur le dollar et, plus généralement, sur les actifs américains: un glissement mondial vers la désépargne. Les pays excédentaires, y compris le Japon et la Chine, ont vu leurs excédents diminuer. Cela laisse moins de choses à réinvestir sur les marchés des capitaux américains.

«Les États-Unis semblent vulnérables» grâce aux engagements extérieurs nets élevés, ont écrit Redeker et ses collègues. Les États-Unis sont le plus gros débiteur net du monde.

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