Une prison belge au Maroc? Ça «sonne bien», selon le ministre belge de la Justice, mais…

À l'aune de la nationalité des détenus en Belgique, le parti souverainiste N-VA, actuellement en campagne électorale, a plaidé pour la construction de prisons belges à l’étranger, notamment au Maroc. Selon le ministère de la Justice, qui a rejeté cette proposition, c’est plûtot la question financière qui poserait problème, pas celle du principe.
Sputnik

En vue des élections, le parti souverainiste belge N-VA a présenté mardi son programme dans lequel figurait, entre autres, la proposition de construire des prisons à l'étranger, notamment au Maroc, pour y accueillir des personnes étrangères condamnées en Belgique, relate Le Soir.

«En 2017, la moitié de la population carcérale n'avait pas la nationalité belge, sans compter la double nationalité. Des milliers de gens avaient la nationalité marocaine», a expliqué la députée Sophie De Wit.

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a toutefois mis en doute cette idée, compte tenu des coûts associés et de la surpopulation actuelle des prisons au Maroc: «Je suis toujours prêt à réfléchir à la politique pénitentiaire, mais il faut proposer des solutions réalistes».

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Il a rappelé qu'un projet similaire — celui de la prison de Tilburg, aux Pays-Bas — s'était soldé par un échec:

«Cette proposition [de la N-VA, ndlr] sonne bien, mais moi je regarde la réalité en face. […] Avec les Pays-Bas, nous avions longuement négocié un accord car il s'agissait d'une prison près de chez nous, mais cela a coûté 35 millions d'euros par an. Je ne pense pas que le Maroc nous laisserait faire cela gratuitement».

Selon La Libre, l'idée n'est pas nouvelle. Le maire d'Anvers Bart De Wever avait plaidé en septembre 2017 pour la construction d'une prison belge au Maroc. L'objectif était de renvoyer les détenus de nationalité marocaine en séjour illégal vers leur pays d'origine.

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