Alger sera-t-il le théâtre d’un nouveau bras de fer diplomatique entre Riyad et Téhéran?

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères s’est rendu le 28 novembre à Alger, pour parler des relations bilatérales entre les deux pays, à près d’une semaine de l’arrivée du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans la capitale algérienne, dans le cadre d’une visite d’État. Cette visite a soulevé des interrogations sur son enjeu.
Sputnik

À six jours de l'arrivée du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en Algérie dans le cadre d'une visite officielle, l'Iran a dépêché le mercredi 28 novembre Abbas Araghchi, le vice-ministre des Affaires étrangères du pays, à Alger pour discuter des relations bilatérales entre les deux pays, et les moyens de les développer davantage. C'est ce qu'a annoncé l'agence de presse officielle iranienne (IRNA), en affirmant que ces entretiens sont habituels entre les deux États. Cependant, n'étant pas annoncée par l'Algérie Presse Service (APS), la visite du diplomate iranien a suscité des interrogations quant à son enjeu.

«De telles consultations ont toujours existé entre les deux pays et figurent désormais en tête de nos priorités», a déclaré le responsable iranien devant la presse à Alger. Évoquant l'objectif de cette visite, l'agence IRNA a affirmé que cette dernière rentre «dans le cadre des consultations politiques sur des questions régionales et internationales» entre les deux pays.

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Étant donné que la visite de M.Araghchi n'a pas été commentée par les autorités algériennes, contacté par le journal à capitaux saoudiens Al Sharq Al Awsat, une source proche du gouvernement algérien a déclaré que cette visite a eu lieu «à la demande du gouvernement iranien qui considère l'Algérie comme un allié stratégique». Selon cette même source, le diplomate iranien s'est rendu à Alger dans le but de faire part aux responsables algériens de la dernière rencontre entre l'Iran et l'Union européenne tenue le 26 novembre à Bruxelles sur l'accord nucléaire de 2015.

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Dans son édition du 29 novembre, s'exprimant sur la signification de cette visite à quelques jours seulement de l'arrivée du prince héritier saoudien à Alger, le site d'information Algeriepatriotique a soutenu que «rien n'indique a priori que ce déplacement du vice-ministre iranien des Affaires étrangères […] vise à saborder les relations algéro-saoudiennes qui sont déterminées par d'autres paradigmes que ceux qui encadrent les intérêts de l'Algérie avec l'Iran». Dans le même sens, tout en rappelant que l'Algérie conserve «de bonnes relations avec tous les pays», le même média a indiqué que cette dernière «est même pressentie pour conduire une médiation entre les deux "frères ennemis" [l'Arabie saoudite et l'Iran, ndlr]».

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Pour rappel, des dizaines de personnes se sont rassemblées lundi dans le centre de la capitale tunisienne pour dénoncer la visite du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane qu'ils ont accusé d'avoir commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul.

Les manifestants tenaient des pancartes «Mohammed ben Salmane, tu n'es pas le bienvenu en Tunisie», «Qu'il ne vienne pas chez nous», «Non à la souillure de la terre révolutionnaire de Tunisie», «#MBS criminel» et «La place de Mohammed ben Salmane est sur le banc des accusés».

La manifestation s'est déroulée sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, à l'appel de militants des droits de l'Homme et de journalistes.

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