«La muselière de la censure arrive»: l’adoption à l'Assemblée de lois anti-fake news

«Restons vigilants... entre lutte contre les fake news et censure d’articles plus sérieux, il n’y a qu’un pas»: contestée par l’opposition française, la loi contre la «manipulation de l’information» a finalement été adoptée en force par l'Assemblée nationale.
Sputnik

Le Parlement a adopté définitivement mardi, par un ultime vote de l'Assemblée, les deux projets de loi controversés contre «la manipulation de l'information» en période électorale.

Pour Mélenchon, la loi anti-fake news est un élément d’une bataille pour le soft power
Le premier texte a été voté par 183 voix contre 111 et 8 abstentions, avec l'appui de la majorité LREM-MoDem. Le second a été approuvé par 347 voix contre 204 et 14 abstentions, lors d'un vote auquel davantage de députés ont pris part. Droite et gauche ont voté contre ou se sont abstenues, dénonçant des lois «inutiles» et pointant «un risque», notamment pour la liberté d'expression.

Des associations de journalistes se sont aussi élevées contre ces textes, craignant notamment un premier pas vers une possible censure d'État. De plus, de nombreux internautes ont exprimé leur opposition.

Le chef de l'État français avait annoncé en janvier, lors de ses vœux à la presse, vouloir «faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles» dans une allusion à peine voilée aux médias RT et Sputnik.

Dans tous les cas de figure, le projet de loi anti-fake news prend la forme d'un instrument de lutte contre l'agence Sputnik et la chaîne RT, a commenté la rédactrice en chef de ces deux médias Margarita Simonian.

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