L’Autriche serre la vis sur les prestations sociales pour les enfants d’étrangers

Le parlement autrichien a adopté le 24 octobre l’indexation des prestations familiales sur le niveau de vie des pays de résidence des enfants bénéficiaires. La mesure concerne environ 150.000 enfants vivant à l’étranger dont au moins un parent a un emploi et cotise en Autriche.
Sputnik

C'était une mesure promise par la coalition de droite élue il y a un an en Autriche. Le 24 octobre, le parlement autrichien a adopté une indexation des prestations sociales sur le niveau de vie des pays de résidence des enfants bénéficiaires.

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Le gouvernement jugeait «disproportionnées» des sommes qui peuvent atteindre 223 euros par enfant et par mois. En effet, certaines familles percevant ces prestations avaient des enfants vivant dans des pays aux prix et salaires bien inférieurs à ceux pratiqués en Autriche.

Par exemple, de 172 euros par mois, les prestations pour un enfant de trois ans doivent être ramenées à 97 euros si ce dernier vit en Hongrie. S'il réside en Roumanie, c'est encore moins, avec 85 euros.

D'après les projections, cette mesure, qui concerne quelques 150.000 enfants vivant à l'étranger et dont au moins un parent travaille et cotise en Autriche, permettra de réaliser plus de 100 millions d'euros par an d'économie sur un total de quelque 250 millions de prestations familiales versés à l'étranger.

Le problème du maintien à domicile des seniors dépendants

À l'inverse, le gouvernement a assuré que ces prestations familiales augmenteraient pour les pays où le coût de la vie est plus élevé. Pour les Pays-Bas, elles seront relevées de 4,5%. Reste que les neuf dixièmes des sommes versées concernent des enfants vivant dans des pays moins chers que l'Autriche et seront donc victimes du coup de rabot.

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Mais le gouvernement de Vienne pourrait bien voir la Commission européenne se mettre en travers de sa route. En effet, cette modulation de la loi est susceptible d'être attaquée devant la Cour européenne de justice. De l'aveu même de Juliane Bogner-Strauss, ministre conservatrice de la Famille, c'est bien elle qui aura «le dernier mot».

L'opposition sociale-démocrate, libérale et écologiste a fortement dénoncé la mesure. Selon elle, elle risque d'affaiblir le système de maintien à domicile des seniors dépendants. En effet, ce ne sont pas moins de 62.000 aidants originaires notamment de Roumanie et de Slovaquie, principalement des femmes, qui laissent leurs enfants dans leur pays d'origine pour pouvoir assurer durant plusieurs semaines d'affilée une présence 24 h/24 auprès d'Autrichiens âgés.

Altern in Würde (Vieillir dans la dignité) s'inquiète grandement du changement de loi. D'après l'organisation, jusqu'à 30% des prestataires pourraient renoncer à venir travailler en Autriche. La Chambre d'économie, représentant le patronat, est moins pessimiste et avance le chiffre de 10%.

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