Menu «militaire»: des spaghettis S-300 à la carte d’un café damascène

S-300, Kalachnikov, Tomahawk: le menu comportant ces noms de plats peu pacifistes est désormais disponible dans un des cafés du centre de Damas. Un correspondant de Sputnik a demandé au chef-cuisinier de l’établissement d’où était venue cette idée et à quel point ces plats étaient appréciés dans un pays en proie à la guerre depuis plus de 7 ans.
Sputnik

Se procurer des S-300 et des RPG en Syrie? Rien de plus facile: un café de la capitale syrienne propose aux clients des plats portant ces noms qui reflètent la réalité de ce pays proche-oriental. 

«C’est la crise syrienne qui est devenue une sorte d’inspiration. Les plats reflètent l’atmosphère de la guerre. Nous avons décidé qu’il fallait proposer un sandwich du même nom qu’une arme que nous possédons et l’affaire a commencé comme cela», révèle Walid al-Khatyb, chef-cuisinier de l’établissement, ajoutant que l’idée d’attribuer de tels noms aux plats revenait au propriétaire du café.

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Le menu est principalement composé pour les amateurs de cuisine occidentale, mais comporte aussi des plats traditionnels, élément indispensable de tout restaurant arabe.

La liste des plats satisfera aussi bien le gourmet le plus exigeant  que le spécialiste des armements: les spaghettis S-300, le hot-dog Kalashnikov et les fettuccine Tomahawk, missiles que les États-Unis avaient tirés sur le pays. Coïncidence  ou pas, mais ce dernier plat fait s’envoler le total de la douloureuse plus haut que les «armements russes».

D’autres plats portent des noms plus simples: plusieurs sortes de fajitas mexicaines sont accompagnées du mot «bombe» pour faire allusion à leur sauce piquante.

Vous y trouverez aussi le steak DShK, en référence à cette mitrailleuse lourde soviétique anti-aérienne et le hors-d'œuvre RPG, clin d’œil aux lance-roquettes.

«Chez nous, aussi bien les jeunes que les vieux connaissent ces armements», explique un serveur de l’établissement.

«La demande est très forte, notamment parmi les Syriens», assure Walid al-Khatyb. Quoi qu’il en soit, le correspondant de Sputnik n’a pas eu l’occasion de voir ces mets sur les tables des clients, ces derniers ayant choisi le buffet à volonté.

Le chef-cuisinier précise que les propriétaires de l’établissement se penchent sur de nouveaux plats aux noms inhabituels reflétant la «nouvelle période» de la vie en Syrie. «Il y a beaucoup d’idées, mais pour le moment ce ne sont que des idées», résume-t-il.

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