Une armée, dernier espoir des «politiques des bois» kosovars pour se maintenir au pouvoir?

Le Kosovo n’a pas d’armée et la création n’en est même pas prévue par sa Constitution, bien que le Premier ministre Ramush Haradinaj prétende que les États-Unis «bénissent» la transformation des forces de sécurité kosovares en forces armées. Aucun responsable américain ne l’a d’ailleurs confirmé, a indiqué un politologue serbe à Sputnik.
Sputnik

Le 28 septembre dernier, à l'issue de sa rencontre avec le chef du Pentagone James Mattis en marge d'une session de la 73è Assemblée générale des Nations unies à New York, le Premier ministre de la république autoproclamée du Kosovo Ramush Haradinaj a déclaré que les États-Unis soutenaient la création d'une armée kosovare à part entière.

Moscou blâme Washington pour son aide au Kosovo à créer une armée

Cette déclaration du Premier ministre Ramush Haradinaj n'a pour objectif que de conforter sa propre position politique, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Prefrag Rajic, analyste politique serbe.

«Par sa déclaration selon laquelle l'Amérique aurait "béni" le plan de création de l'armée kosovare, Haradinaj essaie de persuader tout le monde qu'il était le politique kosovar le plus proche de Washington, bien que je n'en sois pas sûr du tout. Tant lui-même que Thaçi [Président de la république autoproclamée du Kosovo, ndlr] étaient des chefs de guerre et, au Kosovo, on les appelle des "politiques des bois". Je pense qu'ils ont tout simplement peur du renforcement de l'influence de la résistance, dont les rassemblements du week-end témoignent bien», a relevé l'interlocuteur de l'agence.

L’idée de la création d’une armée au Kosovo affole l’Otan

Et d'ajouter que l'absence de confirmation par les Américains des propos tenus par le Premier ministre kosovar prouvait que les États-Unis n'étaient tout simplement pas prêts à une telle aventure.

Par le passé, Hashim Thaçi a plus d'une fois exposé ses projets de création d'une armée kosovare à part entière en coopération avec l'Otan et les États-Unis. Cela irait toutefois à l'encontre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu.

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