44.000 femmes catholiques attendent la réaction papale aux abus sexuels dans l’Eglise

Plus de 44.000 femmes catholiques ont signé une lettre exhortant le pape François à expliquer exactement quand et comment il a été mis au courant des allégations d'abus sexuel portées à l'encontre d'un ancien cardinal dont le nom est au centre du scandale qui ébranle l'Église catholique déjà depuis deux semaines.
Sputnik

Une lettre signée par déjà plus de 44.000 femmes catholiques a été publiée le 30 août sur le site Catholic's women forum. Se disant être «le troupeau» de leur Pape et revendiquant le droit de savoir ce qui se passe réellement au sein de leur Eglise, ces femmes demandent au pape François de se prononcer sur la révélation faite le 25 août par un ancien nonce à Washington, l'archevêque Carlo Maria Vigano. Selon ce dernier, le pape François avait annulé les sanctions imposées par son prédécesseur, Benoît XVI, au cardinal américain Theodore McCarrick soupçonné d'agressions sexuelles sur des séminaristes et des prêtres.

Ne s’agit-il pas d’un complot contre le pape François aux USA?

Plus particulièrement, les femmes qualifient d'«inappropriés» les propos du pape qui a refusé de commenter la déclaration de Mgr Vigano. «Je ne dirai pas un mot là-dessus», a alors dit le pape.

«Nos cœurs sont brisés, notre foi mise à l'épreuve par la crise croissante qui engloutit notre Église bien-aimée. Nous sommes en colère, trahies et désillusionnées. La douleur et la souffrance des victimes ne s'arrêtent jamais, car chaque cycle d'informations apporte des révélations plus horribles sur des abus sexuels, d'inconduite sexuelle, de dissimulation et de tromperie, même au plus haut niveau de l'Église», indique le document.

«Mafia» au sein de l’Église? Le pape réagit aux accusations à son encontre

Dans une interview accordée au Huffington Post, Mary Rice Hassonl, le directrice du forum, a expliqué que les femmes sont non seulement consternées par la réalité de ces crimes mais aussi par «la culture ecclésiale d'ignorer les abus sexuels et les fautes graves».

Rappelons que Mgr Vigano a évoqué également «une conspiration du silence» au sein de l'Eglise «pas si différente de celle qui prévaut dans la mafia» et appelle tous qui y seraient impliqués, y compris le pape François, à démissionner.

Ce n'est pas la première révélation de ce type qui touche l'Église catholique. Mi-août, un grand jury de Pennsylvanie a publié les conclusions d'une enquête qui révèle que 301 prêtres se sont rendus coupables d'abus sexuels sur mineurs au cours des 70 dernières années.

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