Les enjeux de la nouvelle base US en Syrie

Les États-Unis menacent de lancer de nouvelles frappes de missiles contre les positions de l’armée syrienne depuis une nouvelle base aérienne américaine en construction dans la province de Hassaké, annoncent des médias arabes et russes citant l’expert libanais de la Syrie Nidal Sabi.
Sputnik

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Selon des sources militaires et diplomatiques, il s'agirait de l'aérodrome militaire de la ville de Chaddadi, que les ingénieurs américains modernisent pour qu'il puisse accueillir des avions de transport lourds. Cette base aérienne pourrait devenir la plus importante de Syrie du point de vue des volumes de fret transportés et du nombre d'avions de combat et de transport stationnés, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Washington ne veut visiblement pas se limiter aux sanctions économiques contre Moscou et envisage de torpiller les positions russes en Syrie. Le prétexte invoqué sera visiblement tout sauf original: il s'agira de prétendues attaques chimiques des forces de Bachar el-Assad contre les positions des insurgés.
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Les hostilités en Syrie se concentrent actuellement dans la province d'Idlib. Ce territoire de 3 millions d'habitants est contrôlé à 70% par les extrémistes, qui appellent déjà à lancer une offensive de grande envergure visant à nettoyer tout le nord de la Syrie des troupes de Bachar el-Assad et de ses alliés. Selon le Centre pour la réconciliation des belligérants, des propos en ce sens ont été tenus par Abou Mohammed al-Joulani, leader de la coalition terroriste Hayat Tahrir al-Cham.
Son appel à se préparer au combat, adressé aux groupes armés illégaux, a coïncidé avec une série de menaces occidentales concernant des frappes de missiles éventuelles sur des sites gouvernementaux syriens en raison de l'utilisation prétendument «possible» d'armes chimiques par Damas.
L’Occident et les prétendues attaques chimiques en Syrie
Le général Alexeï Tsygankov, chef du Centre pour la réconciliation des belligérants, pense que la mise en scène d'une attaque chimique à Idlib est actuellement préparée par les Casques blancs, qui ont déjà organisé des actions du même genre par le passé. Ces mises en scène avaient été suivies de frappes de la coalition menée par les États-Unis au printemps 2017 et 2018. Le ministère russe de la Défense est certain qu'une attaque similaire est actuellement en cours de préparation.

Le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère, indique que des «experts anglophones sont arrivés au sud de la zone de désescalade d'Idlib afin de mettre en scène une attaque chimique contre les civils». «Une frappe de munitions toxiques devrait être lancée dans les deux jours à venir à l'aide de vecteurs réactifs contre la localité de Kafer-Zaïta, située à 6 km au sud de Habit, estime le général. Ainsi, des forces extrarégionales intéressées organisent de nouvelles provocations importantes sur le territoire syrien en faisant usage de substances toxiques afin de déstabiliser rapidement la situation et de torpiller le progrès durable du processus de paix».

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Le ministère russe de la Défense considère ce scénario comme très plausible pour une autre raison: le destroyer américain The Sullivans transportant 56 missiles de croisière est arrivé dans le Golfe il y a quelques jours, pendant que la base aérienne d'Al-Udeid (Qatar) accueillait un bombardier stratégique américain B-1B muni de 24 missiles de croisière air-surface AGM-158 JASSM. Selon les médias occidentaux, la possibilité de frappes de missiles de la coalition en cas d'utilisation d'armes chimiques par Bachar el-Assad a été évoquée par John Bolton, conseiller du Président américain à la sécurité nationale, lors de son entretien avec Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie.

La volonté des États-Unis et de leurs alliés de lancer les hostilités contre le pouvoir de Damas est assez évidente. Ce n'est pas par hasard que le groupe naval russe en Méditerranée a été renforcé samedi par les frégates Amiral Essen et Amiral Grigorovitch, chargées des missiles de croisière Kalibr-NK. Ces navires modernes sont destinés à des missions lointaines en mer, à la lutte contre les bâtiments de surface et les sous-marins de l'ennemi potentiel, à la protection contre des attaques aériennes ainsi qu'aux frappes de missiles contre des cibles terrestres. Ils ont ainsi déjà tiré à plusieurs reprises des Kalibr contre les positions des extrémistes en Syrie.

Les enjeux d’une éventuelle nouvelle frappe occidentale en Syrie décortiqués
L'expert libanais Nidal Sabi considère que «les États-Unis et leurs alliés veulent utiliser une provocation chimique dans la province d'Idlib afin de créer une zone d'exclusion aérienne dans tout le nord de la Syrie». Selon lui, les Américains, les Britanniques et les Français pourraient lancer une intervention militaire en Syrie en prenant pour prétexte la mise en scène d'une attaque chimique par l'armée gouvernementale, «si Damas intensifiait ses opérations et organisait une offensive contre les positions des insurgés à Idlib».

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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