Parenté avec la Joconde et vins légendaires: une «Mona Lisa moderne» se confie à Sputnik

C'est à Florence, en Toscane, que se trouve le domaine familiale des Strozzi, descendants de la célèbre Mona Lisa et vignerons depuis 994. Sputnik a contacté Natalia Strozzi pour parler de leurs liens avec la mystérieuse femme peinte par Léonard de Vinci, de leurs célèbres vins et de leurs liens avec la Russie.
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Les Strozzi ont toujours su que le sang de la Joconde coulait dans leurs veines, sur 15 générations, et voilà que ce fait a été confirmé par des historiens. Cette vieille famille florentine produit les vins de la marque Gucciardini-Strozzi depuis 994, qui ont été mentionnés dans les œuvres de Dante et Bocace, et ne cesse d'élargir ses activités. La princesse Natalia Strozzi ne fait pas exception: en elle se combinent vigneronne, actrice de théâtre et de cinéma, ballerine et, comme sa sœur Irina, trois sangs — italien, mais aussi français et russe de sa mère née dans une famille des premiers immigrés russes, à Paris.

Dans un entretien à Sputnik France, Natalia Strozzi a parlé du riche passé de la famille, où un autre portrait de Lisa Gherardini del Giocondo a été peint par Léonard de Vinci, mais aussi de leur vie à présent.

«Nous, Strozzi, ne disons pas que nous sommes descendants [de la Joconde], ce n'est pas correct. Nous l'avons toujours su et le gardions dans la famille», affirme-t-elle.

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Lorsque des historiens, dont l'un des derniers, le spécialiste en généalogie Domenico Savini qui a analysé les archives familiales, lui ont confirmé officiellement, le thème a semblé être sur les lèvres de tout le monde… Mais, comme l'explique Natalia, «Nous avons 1.000 ans d'histoire, ça ne va pas changer notre vie. Nous en sommes parfaitement au courant, pas besoin de le confirmer ou de le prouver».

Second portrait de Mona Lisa

Un autre sujet défrayant les conversations aujourd'hui est un second tableau représentant Mona Lisa, son existence a été confirmée grâce à la liste de la collection:

«Il semble que Léonard l'a peinte plus d'une fois. On dit même que ce n'est pas l'original au Louvre, il y a de telles théories. Le fait est qu'il a emporté le portrait avec lui et ne l'a jamais donné au mari de la Joconde qui l'a commissionné», raconte la princesse. «Mais nous savons qu'il y a eu un second portrait de Mona Lisa. Nous ne le voyons pas physiquement, mais dans la liste de la collection qui a été ensuite vendue à la fin du XIXe siècle».

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On n'a pourtant pas réussi à retracer le parcours exact de l'œuvre, mais «certains disent qu'elle se trouve dans une collection privée».

«Peut-être, les gens qui le possèdent ne sont même pas au courant que c'est un tableau de Léonard», estime Natalia. «Il l'a peinte, elle était un peu plus jeune, il y a diverses touches, mais nous ne savons pas à quoi exactement elle ressemblait sur ce portrait. Quelqu'un nous a envoyé des copies, des suppositions. De ça, on n'en est pas sûr. Mais on est certain qu'il existait un second portrait car cela est écrit dans la liste de la collection qui a été vendue».

Comment la Joconde s'est-elle retrouvée au Louvre et est-ce le portrait original?

Selon Natalia, il est difficile de dire si les rumeurs sur le fait que le tableau exposé au Louvre ne soit pas l'original sont vraies ou bien prouver l'inverse. Ce qu'on sait, c'est que Léonard était un grand perfectionniste, pensant toujours qu'il n'avait pas fait assez. Ainsi, la Joconde largement connue n'est pas finalisée ou plutôt a été «laissée imparfaite», comme l'écrit l'architecte et peintre Giorgio Vasari, contemporain de Léonard, dans son recueil biographique Les Vies (Le vite).

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À cette époque, Léonard a pris le portrait avec lui en France pour ensuite le vendre au roi François Ier, poursuit l'interlocutrice de Sputnik. «Il a dit [au roi, ndlr]: Majesté, vous allez avoir le portrait seulement après ma mort, c'est-à-dire vous me payez d'abord et quand je serai mort, vous allez l'avoir physiquement. C'est ainsi que le tableau s'est retrouvé en France».

Tandis que nombreux pensent que les Français ont volé le portrait à l'Italie, ce n'est pas le cas: «Il l'a pris avec lui tout simplement, car, selon Vasari, il n'a pas finalisé le portrait. Le connaissant, il aurait pu le travailler et retravailler», indique la princesse. «L'histoire le confirme».

Une production de vins qui remonte à des temps immémoriaux

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Les vins de la marque Guicciardini-Strozzi sont produits depuis 994. Dès le XIIIe siècle, ils ont commencé la production de la vernaccia, un vin blanc mentionné par Dante dans le Purgatoire, par Bocace dans le Décaméron, figurant dans les poèmes de Michel-Ange et consommé par des papes de Rome, ainsi que par les Médicis, bien qu'ils soient ennemis des Strozzi.

Bien sûr, il y a toujours de la concurrence, en particulier avec la France et l'Espagne, mais les Strozzi ont un atout sur le marché international, c'est leur histoire:

«En 994 est apparu le premier document qui mentionne notre domaine viticole à San Gimignano, au cœur de la Toscane. Les multiples autres domaines n'ont pas des dates aussi lointainee. Notre force est dans notre histoire».

La présence des vins sur les marchés russe et français

Guicciardini-Strozzi, dont les vins sont demandés aussi sur le marché russe, ne semble pas avoir essuyé l'impact des mesures économiques imposées à la Russie. Oui, le marché change constamment, mais heureusement, «les vins n'ont pas été touchés par les sanctions», se réjouit la viticultrice. Les principaux facteurs dont le producteur dépend sont le temps et la nature, bien qu'il existe des techniques pour «rapetasser» le vin.

«En Russie, c'est la marque, notre histoire joue bien sur son rôle, on nous connaît. Et puis, nous sommes russophones et avons du sang russe — les gens aiment savoir qui se cache derrière l'étiquette et la bouteille.»

 

 

Les Strozzi sont également fiers d'être présents sur le marché français, surtout vu que le pays dispose d'une diversité de ses propres vins. Les coupages typiquement toscans sont les plus demandés, souligne Natalia.

Liens des Strozzi avec la Russie

La famille de Natalia Strozzi et elle en particulier ont des relations de longue date avec la Russie. À l'âge de 13 ans, Natalia est partie pour Saint-Pétersbourg pour entrer à l'Académie de ballet Vaganova. Dans les années 1990, elle a dansé au théâtre Mariinsky et a juste vécu la période transitive du pays, assez difficile, dont elle parle également dans son livre «Facile à s'en souvenir».

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«C'est génial comme ça a vite changé, certes pour le mieux. Je suis venue à Léningrad, mais quittais déjà Saint-Pétersbourg», se rappelle-t-elle. «C'était une très bonne expérience. Je l'aurais répétée, j'imagine. Mais où aller pour l'art?»

Pour elle, ce sont les années d'or où elle a «rencontré les meilleurs» dont Maïa Plissetskaïa, Galina Oulanova et Patrick Dupond: «Ils ont révélé mon talent».

Depuis lors, Natalia s'est essayée dans une série télévisée Sous le soleil et joue toujours au théâtre, mais sur sa terre natale, en Toscane. Elle gère l'affaire viticole de la famille qui s'élargit constamment. Sa sœur Irina organise notamment un programme de chasse aux truffes blanches, «les plus raffinées», de septembre à décembre chaque année.

«Certains croient qu'il est impossible de nous visiter, que nous sommes de l'histoire, comme un musée. Mais des gens viennent chez nous», résume Natalia. «On peut tenir divers événements chez nous, des mariages et d'autres activités. Voilà ce que font les Mona Lisa modernes».

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