Pour Philippe de Villiers, la Russie servirait d’«interface entre la Chine et l'Europe»

À l’occasion du 10e anniversaire de la mort du célèbre écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, Philippe de Villiers a confié au Figaro ses souvenirs de ce «maître à penser» ainsi qu’a partagé son propre avis sur l’état des choses en Russie et en Europe.
Sputnik

Dans son entretien au Figaro accordé à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, le fondateur du Puy du Fou Philippe de Villiers se souvient de cet «homme de haute culture» et donne aussi son sentiment à l'égard de l'Occident, de la Russie et de son Président.

La Russie et la Chine ont-elles trouvé le talon d’Achille des États-Unis?
Selon Philippe de Villiers, jusqu'à la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, les dissidents «dérangeaient l'ordre soviétique» à l'Est, et l'Otan s'identifiait au monde libre. Depuis lors, la situation a considérablement évolué.

«Désormais, la Russie est libérée de toute idéologie révolutionnaire. Elle est un monde libre. Et, sous beaucoup d'aspects, l'Occident s'est mué, affaissé en un monde asservi. Nous sommes devenus une colonie du politiquement correct à l'américaine», a-t-il notamment précisé.

L'homme politique français a avoué qu'il avait un «certaine admiration» pour Vladimir Poutine, tout comme l'écrivain russe. D'après M.de Villiers, cela est lié à une «restauration civique, culturelle et spirituelle» du Président russe ainsi qu'à sa vision du monde.

«Moscou est désormais au cœur d'un système polycentrique avec la Chine et l'Inde, face au bloc unipolaire de l'Occident évanescent sous clé américaine.»

D'après Philippe de Villiers, lors de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine à Yalta, le Président russe lui a dit que les sanctions européennes étaient une «folie» parce qu'elles «coupaient l'Europe de la Russie».

«Nous avons changé d'époque. L'avenir de l'Europe ne doit plus s'écrire sur le continent américain. La Russie aurait une vocation précieuse d'interface entre la Chine et l'Europe», a encore indiqué M.de Villiers.

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