Vers un raidissement britannique sur le Brexit?

Après les récents soubresauts au gouvernement britannique, quel est l’avenir du Brexit ? Rachel Marsden recevait à ce sujet Yves Pozzo di Borgo, président de l’Institut Lecanuet, Emmanuel Dupuy, président de l'IPSE et Guillaume Bernard, politologue à l’Institut Catholique.
Sputnik

Le chef de la diplomatie Boris Johnson et le ministre chargé du Brexit, David Davis, démissionnaient tous deux début juillet afin de signifier à Theresa May leur opposition à son projet de sortie de l'Union européenne. Le retrait de ces deux hommes politiques majeurs risque ainsi d'affaiblir davantage la position de la Première ministre britannique et de l'avenir à court terme du Brexit.

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Yves Pozzo di Borgo, ancien sénateur et président de l'Institut Lecanuet note une inquiétude chez les Européens, se faisant l'écho des rapports de la commission des Affaires étrangères du Sénat:

«Actuellement rien ne bouge, il n'y a pas de deal et il ne peut pas y avoir de deal si tout n'est pas fait. Il y a beaucoup de difficultés sur l'Irlande, la situation des Européennes en Angleterre, sur le compromis financier, sur tous les échanges» « c'est un peu la pagaille du côté des Anglais»

Démissions de Johnson et Davis: les Britanniques «n'ont pas de stratégie» sur le Brexit
Sur le même ton, Emmanuel Dupuy, président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), spécialiste des questions européennes, indique que cela fait déjà onze démissions dans le Cabinet de Mme May:

«Seuls 29% des Britanniques sont contents de la manière dont Theresa May gère le Brexit. S'il devait y avoir un vote, il serait de toute façon quasiment le même que celui du 23 juin 2016, une petite majorité […] Theresa May a cristallisé les oppositions politiques au sein de son parti, elle est notamment affaiblie entre les hard-brexiters et les soft-brexiters […] l'Union européenne estime que la position de Mme May équivaut à un marché unique à la carte, une configuration dans la quelles les Britanniques prennent tous les avantages sans aucune des contraintes d'appartenance à l'Union européenne».

Suite à la démission de Boris Johnson, héraut du Leave, qu'en est-il justement des mouvements politiques qui ont encouragé le Brexit? Guillaume Bernard, maître de conférences à l'Institut Catholique en Histoire des institutions et des idées politiques, considère que le contexte actuel pourrait être favorable notamment à l'UKIP:

«Pour l'instant, les forces politiques comme le UKIP qui avait favorisé évidemment le Leave, le Brexit, avaient quasiment disparu de la scène politique. À partir du moment où ils avaient obtenu leur raison d'existence, évidemment ils avaient été dissous dans la vie politique. Or-là, ils sont en train de réapparaitre. À partir du moment où plus le temps passe, et moins la décision adoubée par le vote populaire est reportée aux calendes grecques, plus les dissensions politiques peuvent réapparaitre.»

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