Un «agent de Poutine» vieux de quatre siècles détecté en Ukraine

Ne croyez jamais tout savoir sur les capacités de la Main du Kremlin: ses doigts s'étendent à travers les pays, mais aussi les siècles. C'est ce qu'un député ukrainien a déduit après avoir analysé le nom de la ville de Pereïaslav-Khmelnitsky et s'est précipité pour en effacer le nom de l'«agent de Poutine» Bogdan Khmelnitsky, mort au XVIIe siècle.
Sputnik

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Les autorités ukrainiennes ne peuvent pas souffler à cause des plans sournois de la Main du Kremlin. Cette fois, elle a tremblé devant le nom de la ville de Pereïaslav-Khmelnitski, sur le Dniepr, car sa seconde partie fait référence à Bogdan Khmelnitsky, l'hetman des Cosaques ukrainiens qui avait prôné la réunification des territoires russe et ukrainien au XVIIe siècle. Mort en 1657, il est tout de même considéré comme un «agent de Poutine» par le député Igor Popov.

Pour démêler ce complot apparemment russe et certainement préparé depuis des siècles, ce dernier propose de changer le nom que la ville porte depuis 1943, lorsqu'elle a été renommée pour la dernière fois.

Sur sa page Facebook, le député ukrainien a indiqué que la Rada suprême avait désormais cette tâche dans son ordre du jour:

«La seconde partie du nom devrait être enlevée, Khmelnitsky s'est avéré être un communiste masqué et un agent de Poutine», a écrit Igor Popov.

Facile de désigner le Président russe comme étant à l'origine de tous les maux, mais d'un mal datant du XVIIe siècle?… Quoi qu'il en soit, les traces du chef militaire du XVIIe siècle et en même temps «agent de Poutine», qui n'est né que trois siècles plus tard, devraient être éradiquées de partout, a encore insisté le député.

«Il ne faut pas s'arrêter là. Ensuite, je crois qu'il faut effacer le nom de famille correspondant de la ville de Khmelnitsky, de la rue de Khmelnitsky à Kiev (rétablir le nom précédent)», a ajouté M.Popov avec enthousiasme avant d'aller plus loin. Il faut «remplacer la tête du monument de Khmelnitsky par une plus politiquement correcte et tourner le cheval pour que la massue du cavalier soit dans un autre sens».

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L'ancien vice-président de la Rada, le nationaliste Nicolaï Tomenko, a soutenu la proposition, mais a rappelé de son côté que la ville portait la première partie du nom, Pereïaslav, déjà dans les temps anciens, alors que le nom de Khmelnitsky a été ajouté à l'époque soviétique, à l'occasion de l'anniversaire de la Rada de Pereïaslav. C'est ainsi que l'histoire de l'Ukraine a été «réécrite» par l'URSS — selon la logique d'Igor Popov, peut-être toujours avec l'aide des agents de Poutine qui n'est né qu'en 1952?

Pereïaslavl ou Pereïaslavl-Roussky apparaît pour la première fois en 907. La ville a obtenu son nom actuel en 1943, tandis qu'en 1654 une réunion des Cosaques avec Bogdan Khmelnitsky à sa tête a pris la décision de réunir les terres appartenant à l'Ukraine et à la Russie.

Ce n'est toutefois pas la première tentative de rebaptiser la ville. En 2000, une telle proposition s'est heurtée à l'opposition du Parti communiste d'Ukraine (KPU). En 2017, des députés ukrainiens avaient de nouveau avancé cette proposition, sans résultat tangible.

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