L’UE indique la place de l’Algérie en matière de sécurité régionale et internationale

La Commission européenne a estimé dans son rapport sur l’état des relations UE-Algérie, rendu public jeudi, que ce pays était un «acteur-clé» de la sécurité régionale et internationale, et un interlocuteur incontournable dans la résolution des crises en Libye et au Sahel.
Sputnik

Dans son rapport sur l'état d'avancement des relations UE-Algérie, rendu public le 3 mai, en vue du 11e Conseil d'association UE-Algérie, le 14 mai à Bruxelles, la Commission européenne a salué le rôle d'«acteur-clé» joué par l'Algérie au niveau régional et international en matière de sécurité, ainsi que sa participation positive à la résolution des crises libyenne et sahélienne.

«L'Algérie demeure un acteur-clé au niveau régional et international pour la sécurité », a fait savoir la Commission européenne. «L'effort continu, y compris sur le plan financier [premier poste budgétaire de l'État, ndlr], de modernisation des équipements, ainsi que les nombreux effectifs de sécurité dont l'Algérie dispose, ont permis au pays de contrer de façon efficace les menaces terroristes», a-t-elle ajouté.

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Le rapport en question affirme que «même si la situation sécuritaire en Algérie demeure stable», les forces de sécurité algériennes continuent de mener des opérations contre le terrorisme «résiduel» dans plusieurs régions du pays. «L'armée a détruit des abris et saisi des quantités d'armes et d'explosifs de confection artisanale. L'effort concerne également la lutte contre le crime organisé, les contrebandes et le trafic de drogue», a souligné le rapport.

Le document a évoqué les forces armées supplémentaires déployées par l'armée algérienne aux frontières est et sud du pays. Ce renforcement a été dicté par la dégradation de la situation sécuritaire en Libye et au Sahel, et la prolifération d'organisations terroristes agissant sous la bannière de Daech* dans le Sahara.

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Suite au travail cité ci-dessus, et en se basant sur le bilan opérationnel pour l'année 2017 du ministère algérien de la Défense, la Commission européenne a fait état dans son rapport «de 91 terroristes abattus et de l'arrestation de 40 autres». «Le même bilan révèle la reddition de 30 terroristes et l'arrestation de 212 éléments de soutien aux groupes terroristes, ainsi que 11 trafiquants d'armes», a-t-elle ajouté. Le document a aussi mentionné les 226 mandats d'arrêt internationaux, émis en 2017 par la justice algérienne, contre des prévenus ayant rejoint les groupes terroristes.

Concernant les crises régionales, l'UE a souligné que «le gouvernement [algérien, ndlr] suit de près l'évolution» de ces crises, dans le but de «faciliter une solution contribuant ainsi à la stabilisation de son voisinage immédiat, notamment au Sahel», en évitant toute intervention étrangère. «Le gouvernement algérien a poursuivi ses efforts pour encourager la mise en œuvre de l'accord d'Alger sur la crise malienne, notamment à travers une formation des forces spéciales du Niger et du Mali, y compris dans les zones de combats désertiques», a souligné le rapport.

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Sur la question de l'élimination de l'idéologie terroriste en luttant contre la radicalisation, l'UE a salué l'expérience de l'Algérie en matière de prévention de cette dernière et de lutte contre l'extrémisme violent. «Les efforts en cours pour renforcer la participation citoyenne et l'engagement de la société civile, notamment au niveau local, devraient permettre un approfondissement progressif de la coopération avec les acteurs de l'Union européenne en la matière», a souligné le rapport. Le document a aussi relevé que le partage d'expériences entre l'Algérie et l'UE était «une volonté commune», du fait des défis actuels des pays européens en matière de radicalisation et de terrorisme.

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Lors d'une réunion sur les moyens de combattre le terrorisme organisée par l'Union africaine(UA) et l'Algérie à Oran, dans l'ouest de l'Algérie, le 11 décembre 2017, Smail Chergui, le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, avait déclaré que l'Afrique allait faire face au retour de ces 6.000 djihadistes partis combattre en Syrie et en Irak avec Daech*.

Selon Le Soir d'Algérie, dans son édition du 3 mai 2018, le groupe terroriste aurait réussi la prouesse d'«amener les organisations armées existant déjà au Sahel à rallier Daech*». Plusieurs groupes ont annoncé récemment avoir fait allégeance à l'organisation terroriste lui permettant ainsi d'étendre son influence dans des zones stratégiques, au nord-est et au nord-ouest, a ajouté le journal.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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