Ce qu’a appris un humoriste russe lors de sa conversation avec le directeur de l'OIAC

Pensant parler au Premier ministre polonais, le directeur général de l'OIAC a admis, lors d'un entretien avec les imitateurs russes Vovan et Lexus, que la substance chimique utilisée pour empoisonner les Skripal aurait pu être produite par n'importe quel pays. Sputnik revient sur les détails de la plaisanterie avec Alexeï Stoliarov, alias Lexus.
Sputnik

Lors d'un appel de la part des maîtres du canular téléphonique russes, Vovan et Lexus, le directeur général de l'OIAC, Ahmet Uzumcu, qui pensait s'entretenir avec le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a affirmé que l'agent chimique utilisé pour empoisonner l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury aurait pu être fabriqué par n'importe quel pays, y compris les États-Unis. Sputnik a demandé des précisions à l'humoriste russe Alexeï Stoliarov, alias Lexus.

Répondant à la question de connaître la raison de sa décision d'appeler le directeur général de l'OIAC, il a expliqué qu'il était «fatigué d'entendre ce qui était dit au Conseil de sécurité de l'Onu par les représentants américains et britanniques».

«Ils ont accusé la Russie sans fournir quelque preuve que ce soit et j'ai décidé d'appeler le chef de l'OIAC pour savoir ce qui s'était passé au juste», a-t-il expliqué.

Selon Ahmet Uzumcu, cité par Alexeï Stoliarov, le représentant russe au sein de l'organisation a déclaré que rien ne prouvait la fabrication de la substance en Russie et qu'il était nécessaire de fournir plus de détails. Ahmet Uzumcu a pour sa part reconnu que l'agent innervant aurait pu être produit dans n'importe quel pays.

Des humoristes russes font parler le directeur de l'OIAC sur l'affaire Skripal
Sputnik a rappelé à son interlocuteur que les médias occidentaux l'avait souvent accusé d'être en relation avec le Kremlin ou avec les services secrets russes.

«Libre à eux [aux médias, ndlr], mais ils n'ont aucune preuve. Nous sommes de simples citoyens avec une ferme position. C'est pour cette raison qu'on l'a fait», a poursuivi Lexus.

«Il faut davantage de preuves, même si c'était les États-Unis ou la Russie. Or le Royaume-Uni n'aimerait pas partager ses résultats ou détails», a-t-il répondu à la demande de donner des précisions sur cette position.

Alexeï Stoliarov a ajouté qu'Ahmet Uzumcu était digne de confiance.

«C'est lui qui mérite le plus de confiance et non les représentants du Royaume-Uni ou des États-Unis. Seul le directeur général de l'OIAC assume la responsabilité, il sait comment cette substance a été créée, c'est pourquoi c'est lui que nous avons décidé d'appeler», a-t-il noté pour conclure.

Si Moscou avait un motif de se venger de Skripal, il n'aurait pas été échangé en 2010
Le 4 mars dernier, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d'être derrière l'empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves pour appuyer ses allégations, avant d'expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

La Russie a toujours démenti les allégations de Londres. Début avril, les chercheurs du laboratoire britannique de Porton Down ont reconnu ne pas être en mesure d'établir le pays d'où provenait l'agent innervant utilisé dans cette tentative d'assassinat. Le gouvernement russe a demandé à Londres à plusieurs reprises de lui permettre de participer à cette enquête.

Discuter