Éternel candidat: la Turquie peut détourner le regard de l’UE, selon un ex-ministre turc

La politique de deux poids, deux mesures que l’UE mène dans ses relations avec la Turquie oblige cette dernière à chercher des alternatives ailleurs, a déclaré à Sputnik l’ancien ministre turc pour les Affaires européennes. Dans son récent rapport, la Commission européenne a de nouveau écarté la possibilité de l’adhésion de la Turquie à l’UE.
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L'ancien ministre turc pour les Affaires européennes Egemen Bagis a dénoncé dans un commentaire pour Sputnik un rapport récent de la Commission européenne sur la Turquie, selon lequel son pays n'a pas rempli 7 des 72 critères nécessaires afin d'obtenir l'exemption de visas pour les citoyens turcs.

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En parlant des négociations avec l'UE qui traînent depuis longtemps, M.Bagis a souligné que l'UE écartait la Turquie et la poussait à chercher les alternatives ailleurs.

D'après lui, l'UE mène une politique de deux poids, deux mesures concernant l'allégement du régime de visas Schengen pour les Turcs.

«Je voudrais savoir quels critères exactement ont rempli, par exemple, les Émirats arabes unis pour que leurs citoyens obtiennent le droit de libre circulation dans l'espace Schengen», a martelé l'ex-ministre.

Par ailleurs, il a rappelé que les pays tels que la Bulgarie et la Roumanie avaient été admis dans l'UE malgré les violations graves des droits fondamentaux qui avaient lieu de ces pays.

«Lorsque j'étais ministre, je disais: "Organisons un voyage de deux heures depuis la frontière turco-bulgare dans les directions opposées afin de comparer la situation au niveau du respect des droits de l'homme dans ces deux pays (la Bulgarie et la Turquie, ndlr)". Cette proposition est toujours valable puisqu'elle reflète la situation actuelle», a résumé Egemen Bagis.

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Le 17 avril la Commission européenne a publié son rapport annuel afin d'évaluer l'avancement de la candidature de la Turquie. Le commissaire européen à l'élargissement Johannes Hahn a réclamé dans ce rapport la levée immédiate de l'état d'urgence instauré suite au putsch manqué de juillet 2016. La Commission européenne a également dénoncé les récentes actions d'Ankara en mer Égée, que l'Europe n'estime «pas propices à de bonnes relations» avec les pays voisins.

La Turquie a adressé sa candidature d'adhésion à l'UE en 1987, mais elle n'a officiellement reçu le statut de candidat qu'en 1999. Un programme de réformes politiques et économiques a été élaboré afin de préparer la Turquie à l'adhésion à l'UE. Dans son rapport annuel la Commission européenne évalue les progrès accomplis par ce pays.

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