L'humanité disparaîtra-t-elle avant l'extinction du Soleil?

Le quotidien Nezavissimaïa gazeta se penche sur les perspectives de la civilisation humaine.
Sputnik

La vie existe sur Terre depuis plus de 4 milliards d'années — seulement trois fois moins que l'Univers depuis le Big Bang, écrit Nezavissimaïa gazeta. L'Homo sapiens, depuis l'apparition des premiers outils et la découverte des peintures rupestres, a moins de 100.000 ans, c'est-à-dire qu'il est environ 100.000 fois moins âgé que l'Univers. Et depuis le début de l'évolution active des technologies qui ont conduit à l'apparition de tonnes de déchets (perturbation par l'humanité de l'équilibre avec la nature) mais aussi à l'invention de la radio, de la télévision, de l'internet, des voitures, des avions, de l'ingénierie génétique et bien d'autres, seulement 100 ans se sont écoulés. En d'autres termes, mille fois moins que l'existence de l'Homo sapiens, 30 millions de fois moins que l'existence de la vie sur Terre et 100 millions de fois moins que l'âge de l'Univers. La question de savoir quelle sera la durée d'existence de la civilisation humaine intrigue les futurologues, les adeptes de science-fiction et des millions de Terriens.

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On voudrait croire que la civilisation humaine existera pendant très longtemps, du moins tant que l'hydrogène sur le Soleil, qui sert de source de réaction nucléaire à sa transformation en hélium, ne s'épuisera pas. Cela représente plusieurs milliards d'années. Pendant ce temps l'humanité, affirment les amateurs de science-fiction, parviendra à s'installer sur d'autres planètes de jeunes systèmes solaires et pourrait ainsi exister tant que l'Univers, lui, existera (voire plus longtemps, rêvent les futurologues).

Malheureusement, en réalité les perspectives de la civilisation humaine sont probablement loin d'être aussi radieuses.

Commençons par la radioastronomie, qui étudie les corps dans l'espace: le Soleil, la galaxie, les pulsars et les quasars au rayonnement électromagnétique. Le rayonnement cosmique a été découvert en 1932 à l'aide du premier radiotélescope. Dans les années 1940, grâce à la création du premier radiotélescope parabolique, il a été possible de créer les premières cartes de rayonnement du ciel stellaire.

Grâce à l'amélioration des technologies, dont l'invention du radio-interféromètre avec une haute résolution angulaire contenant deux antennes ou plus séparées de quelques kilomètres chacune — et même des milliers de kilomètres dans certains cas — est apparue l'idée d'essayer de capter des signaux envoyés par des civilisations extraterrestres dans l'espace. En URSS, le premier partisan de cette idée largement médiatisée qui a passionné le peuple soviétique était l'éminent astronome Iossif Chklovski. L'Union soviétique a lancé un programme de détection et d'analyse de signaux d'autres civilisations dans l'espoir que le contact avec des «frères de raison» ne se ferait pas attendre.

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Cependant, après 15 ans de vaines tentatives des astronomes soviétiques, mais aussi européens et américains de détecter des signaux qui pourraient être interprétés comme des messages envoyés par des êtres intelligents depuis d'autres planètes, Iossif Chklovski a avancé une hypothèse qui n'a été diffusée ni à la radio ni à la télévision. Selon lui, aucune civilisation, après la découverte de l'énergie nucléaire et avec celle-ci de la capacité de détruire la vie sur chaque planète où la vie intelligente existerait, ne pourrait exister longtemps. Toutes les civilisations qui ont existé dans l'univers se détruisent inéluctablement après la création de bombes nucléaires et thermonucléaires.

Pendant les 50 années qui se sont écoulées depuis la formulation de cette hypothèse, les menaces à l'existence de la civilisation humaine n'ont fait que décupler.

Malheureusement, l'hypothèse de Iossif Chklovski semble proche de la vérité. Ce serait donc une loi de la nature. Pas de toute la nature, mais de la nature civilisationnelle. De l'intelligence avec ou sans guillemets. L'absence de tout signal de l'espace pouvant être interprété comme envoyé par une civilisation extraterrestre, bien que les recherches soient menées activement à travers le monde depuis plus d'un demi-siècle, prête à penser que ce triste pronostic est correct.

Comme l'a noté de manière abstraite Erik Galimov quand la conversation avec l'auteur de ces lignes a abordé l'hypothèse d'Iossif Chklovski, «la civilisation est une étincelle».

Il ne reste qu'à ajouter: une étincelle dans le feu de la vie. Dans un feu qui brûlait avant l'apparition de l'Homo sapiens et qui a continué de brûler pendant le triomphe de l'étincelle de la civilisation. Qui, en s'envolant du feu de la vie qui dure depuis plus de 4 milliards d'années, s'est enflammée mais s'éteindra inévitablement. Comme toute étincelle. Non pas une flamme qui peut être entretenue. Ou encore un incendie dans la forêt qui ne s'éteindra pas avant d'avoir détruit tout ce qui peut brûler.

Aucun signal n'a été reçu de la part de civilisations intelligentes dans l'espace. Le même problème que celui qui se présente sur Terre après la création de bombes nucléaires, ainsi que de robots militaires, de l'intelligence artificielle et de l'ingénierie génétique, apparaîtra dans chacune des civilisations extraterrestres. Dans le monde de la vie il n'existe aucun être capable de détruire non seulement la vie sur toute la planète, mais même tuer de quelqu'un à plus de cinq mètres de distance (distance maximale du crachat de venin d'un serpent). Seule la civilisation de l'intelligence est capable de le faire. Combien de temps faudra-t-il à la civilisation, qui est capable de se détruire elle-même, avant une destruction totale, tel le suicide des cellules d'un organisme multicellulaire (apoptose)?

C'est un problème qui nécessite une étude scientifique. Mais en étant réaliste, plusieurs centaines d'années pendant lesquelles une civilisation, même si elle a la capacité de s'autodétruire, ne le fasse pas, est le pronostic le plus optimiste.

L'estimation à quelques centaines d'années comme étant la limite de la durée d'existence des civilisations technologiques s'explique par un fait expérimental: l'absence de signaux radio d'autres civilisations, que les astronomes de notre planète tentent de détecter depuis plus de 50 ans. En réalité, si la durée de l'existence des civilisations technologiques est de l'ordre de quelques centaines d'années (moins de 103 ans), cela représente moins d'un millionième de la durée d'existence de la vie sur Terre (plus de 109 ans). Par conséquent, les signaux de seulement l'une des (109: 103 = 106) millions de civilisations peuvent être détectés par les radiotélescopes.

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La durée des observations pour une durée moyenne inférieure d'une civilisation technologique (70 ans d'observation des signaux de l'espace) n'augmente pas la probabilité de découvrir des civilisations si toutes les civilisations technologiques s'autodétruisent. La détection des signaux des civilisations pendant, disons, un an, 10 ou 100 ans dans le cas où elles se termineraient toutes par une apoptose ne change pas significativement la probabilité infime de leur détection en scannant les ondes électromagnétiques dans l'espace.

Telle est l'estimation de la probabilité de découvrir l'une des civilisations qui a existé ou existe dans l'Univers. Et elle est en accord avec l'hypothèse de l'académicien soviétique Iossif Chklovski. Tout comme avec l'image de la civilisation-étincelle qui apparaît et qui s'éteint.

Y a-t-il un aspect optimiste dans tout ce qui a été dit? Peut-être. Dans le cas où la vie sur Terre serait une combinaison de l'évolution et du processus de sa création par d'autres êtres intelligents. Qui, s'ils n'étaient pas l'un des Dieux créateurs mais une civilisation d'êtres intelligents ayant créé la vie protéinée, ont cessé d'exister depuis longtemps. Mais la vie qu'ils ont créée perdure depuis des milliards d'années. Et tant que l'Univers existe, peut-être qu'elle ne disparaîtra pas.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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