Les centrales nucléaires flottantes, réponse russe aux cataclysmes naturels

La première centrale nucléaire flottante, sans concurrente dans le monde, doit entrer en exploitation dès 2019. Ce type d’installation aura dans un proche avenir une place à part entière dans le domaine de l’énergie nucléaire, notamment grâce à ses capacités de résistance aux cataclysmes naturels, explique un expert russe en stratégie nucléaire.
Sputnik

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Les travaux de construction de l’Académicien Lomonossov, la toute première centrale nucléaire flottante au monde, touchent à leur fin en Russie. Son premier réacteur devrait être mis en exploitation dès l’automne 2019 à Pevek, dans le Tchoukotka (grand nord de l’Extrême-Orient russe). L’objectif principal de ce projet, dont les bases ont été jetées par l’Agence fédérale de l'énergie atomique russe Rosatom en 2006, est d’alimenter en chauffage et en électricité les régions difficiles d'accès, telles que le Grand Nord et l'Extrême-Orient russes.

«Les centrales nucléaires flottantes seront utilisées dans les régions en développement, éloignées des réseaux électriques centraux, mais joueront aussi un rôle essentiel dans le développement de la cogénération industrielle, par exemple lors de la production d'eau dessalée ou d'hydrogène», explique dans son commentaire à Sputnik Mikhaïl Evgueniev, chef d’un projet à Atomenergomache, société d'État responsable de la mise en œuvre de la stratégie nucléaire civile.

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Comme l’ajoute ce dernier, les centrales de ce type pourront en outre alimenter en énergie des projets industriels à forte consommation, qui produisent aujourd’hui leur électricité grâce à des générateurs-diesel, tels que ceux de l’industrie minière. «Il s’agit, par exemple, de l'exploitation et de l’extraction des minerais près du littoral en Indonésie, au Vietnam, en Afrique du Sud, au Ghana, au Mexique, au Brésil, au Pérou, au Chili et dans d'autres pays», poursuit-il.

Un des atouts majeurs des installations de ce type, toujours selon ce dernier, réside dans le fait qu’après la fin de son exploitation sur un site une centrale flottante pourra être facilement remorquée vers un autre.

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Un des autres avantages incontestables de centrales nucléaires flottantes de demain est leur résistance aux différents cataclysmes, tels que les tremblements de terre ou les tsunamis. Cette qualité peut convaincre en particulier les pays situés dans des zones d’activité sismique, telle que la Ceinture de feu du Pacifique. D’ailleurs, plusieurs d’États asiatiques, proche-orientaux et africains ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet.

«Les centrales flottantes sont complètement protégées contre les conséquences des conditions climatiques néfastes. Notamment, après l’accident de Fukushima, nous avons procédé à un stress test du projet technique Académicien Lomonossov dans le but de déterminer sa fiabilité et sa résistance aux facteurs externes, tels que les tremblements de terres de magnitude allant de 10 à 12 points sur l’échelle MSK-64 et les tsunamis. Les résultats de ce test ont montré que les solutions techniques retenues assuraient l'intégrité de l’édifice de la centrale […] ce qui signifie l’absence d’irradiation pour la population et l’environnement», souligne l’interlocuteur dans son commentaire.

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À la question visant à savoir si cela signifie qu’à l’avenir de telles installations pourront être acquises notamment par les pays du Maghreb qui manifestent un vif intérêt pour le développement de l’atome pacifique, M.Evgueniev insiste sur le fait que ces centrales peuvent être installées dans n’importe quel pays côtier, surtout parce qu’elles peuvent être adaptées aux différentes conditions climatiques: «Ceci peut être le climat rude du Grand Nord ou la chaleur tropique», a-t-il précisé.

Et de rappeler que la Russie est le seul pays au monde possédant une flotte de brise-glace à propulsion nucléaire. «Nous possédons des technologies de référence, l’expérience d’une exploitation réussie de réacteurs nucléaires mobiles et les compétences permettant de concevoir des réacteurs qui répondent aux exigences de sécurité les plus élevées», a-t-il conclu.

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