Comment Pékin dépasse-t-il Washington et arrive premier de la course au pétrole irakien?

Après la guerre déclenchée par les États-Unis en Irak, c’est la Chine qui est devenue le plus gros importateur de pétrole irakien, ont indiqué des experts à Sputnik. Mais pourquoi alors les projets des autorités américaines pour prendre le contrôle du secteur pétrolier en Irak ont-ils presque échoué?
Sputnik

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La Chine est devenue le premier importateur de pétrole irakien, devant les États-Unis grâce, notamment, à la politique menée par son gouvernement, a déclaré à Sputnik le directeur adjoint de l'Institut national du développement des idéologies contemporaines, Igor Shatrov.

«La Chine ne se mêle pas des affaires intérieures de l'Irak, elle mène la politique qui lui convient. Elle ne s'intéresse notamment qu'au pétrole et n'intervient pas dans les oppositions entre l'Irak et le Kurdistan irakien. Les Chinois n'intriguent pas autour des gisements du Kurdistan. Pékin ne poursuit que ses intérêts économiques», a souligné l'expert.

M.Shatrov a précisé que les autorités chinoises mettaient en œuvre une expansion économique discrète, tout comme en Afrique ou au Moyen-Orient.

«La Chine renforce son influence sans aller jusqu'à montrer ses muscles militaires et les États-Unis sont impuissants à endiguer la situation parce que les entreprises américaines sont incapables de proposer des offres avantageuses comme le font les sociétés chinoises», a ajouté le spécialiste.

Boris Dolgov, chercheur à l'Institut des études orientales de l'Académie des sciences de Russie, a aussi indiqué à Sputnik que c'était la politique menée par le gouvernement chinois qui lui avait permis d'obtenir de tels résultats.

«La Chine construit sa politique au Moyen-Orient et, en particulier, en Irak de manière compétente et pragmatique. Elle s'oppose avec succès aux États-Unis qui s'y considèrent comme des maîtres, les seuls arbitres, qui ont le droit de punir ceux qui sont d'accord avec eux.»

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En outre, selon l'expert, les «relations entre Pékin et Bagdad sont fondées sur le pragmatisme économique».

«Il s'agit notamment du développement du secteur pétrolier en Irak, de la promotion des investissements chinois, des intérêts financiers et politiques. Cette politique porte ses fruits pour la Chine. Les États-Unis n'arrivent en aucune façon à empêcher la croissance de son influence dans la région en dépit du fait qu'ils ont tenté d'établir et tentent toujours d'établir leur présence dans la région par la force.»

Le troisième interlocuteur de Spuntik, Zhang Deguang, ancien chef adjoint du ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié l'invasion américaine en Irak d' «erreur».

«À l'époque, en tant qu'ambassadeur, j'ai déclaré que l'intrusion des États-Unis en Irak deviendrait "un vote pour le Président Bush". C'était mon point de vue vis-à-vis de ce qui s'était passé. Bush a commis une grossière erreur, une grave erreur stratégique. Ses troupes sont entrées en Irak sans permission du Conseil de sécurité de l'Onu, ce qui était inacceptable.»

D'après lui, les États-Unis ont pris cette décision en s'appuyant sur la fausse information selon laquelle Saddam Hussein aurait disposé d'armes de destruction massive.

«Et donc en se fondant sur ce mensonge, ils ont commis une agression contre Irak, ils l'ont envahi. Et quels résultats constatons-nous? Tout le monde le comprend: il fait se souvenir dans la situation actuelle et prendre en compte que répéter un tel scénario n'est pas approprié.»

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