Proche-Orient: Daech vaincu, le djihadisme reste?

Malgré la défaite militaire de Daech en 2017, la menace djihadiste reste un problème majeur du Proche-Orient. Ce sujet est une des questions discutées lors du Club de discussion Valdaï, à Moscou, et a été évoqué pas le secrétaire général de la Conférence islamique européenne.
Sputnik

Situation en Syrie: quel avenir pour le trio Moscou-Téhéran-Ankara et ses initiatives?
La victoire militaire sur Daech en 2017 n'a pas définitivement réglé le problème de l'extrémisme au Proche-Orient, ce dernier a été évoqué par le secrétaire général de la Conférence islamique européenne, Mohamed Bechari, lors d'une conférence du Club de discussion Valdaï, à Moscou.

Le fait que Daech ait été vaincu ne signifie pas la défaite de l'idéologie djihadiste, il y a des facteurs facilitant son existence, estime M.Bechari.

«Les raisons qui suscitent le mouvement djihadiste n'ont pas disparu. Certains groupes continuent de parler de la domination américaine, des croisades, etc. […] Des nouvelles cellules terroristes sont créées partout, elles utilisent différents facteurs idéologiques pour recruter de nouveaux membres», a-t-il déclaré.

En plus, la structure spécifique des organisations islamistes assure leur viabilité, a ajouté l'expert.

«Même si un dirigeant de Daech ou d'une autre structure terroriste est tué, cela ne signifiera pas la fin de cette organisation. […] Ce phénomène continuera à l'avenir. Et il menace la sécurité dans cette région», a-t-il expliqué.

Syrie: sous la pression des acteurs étrangers, l’après-Daech s’annonce explosif
Les djihadistes disposent de ressources assurant leur existence et permettant d'élargir leur zone d'activité. Il s'agit non seulement d'une base religieuse et idéologique, mais aussi de moyens matériels, a souligné M.Bechari.

«Dans certaines pays, le phénomène [d'extrémisme, ndlr] s'est répandu puisqu'il était associé aux aspirations et aux intérêts de certaines entreprises qui poursuivaient naturellement des intérêts et des objectifs directement liés à la prédominance des ressources énergétiques de cette région», a-t-il indiqué.

Des organisations terroristes ont aussi eu d'autres canaux de financement, suppose M.Bechari. Selon lui, certaines États et structures ont profité du facteur djihadiste sous différents prétextes.

Mohamed Bechari a évoqué un autre point vulnérable de la victoire relative sur Daech. Il s'agit de l'interaction des puissances mondiales et régionales au Proche-Orient.

«Cette étape après la victoire sera liée à la façon dont les autres, les principaux acteurs de cette région, se comporteront dans le contexte des événements qui se déroulent au Proche-Orient mais aussi dans d'autres pays du monde, en Afrique, en Europe», a-t-il constaté.

Discuter