Les Kurdes ont-ils effectivement demandé à l’armée syrienne de les soutenir à Afrine?

L’information sur la prochaine entrée des forces gouvernementales syriennes dans Afrine, dans le Kurdistan syrien, pour repousser les attaques de la Turquie et de ses alliés contre cette ville n’a rien à voir avec la réalité, a déclaré à Sputnik Rojhat Roj, commandant des Unités de protection du peuple kurde (YPG) dans le canton d’Afrine.
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L'information selon laquelle les troupes de Damas seraient sur le point d'entrer dans la ville d'Afrine est fausse, a indiqué Rojhat Roj dans un entretien accordé à Sputnik.

Damas et les Kurdes se seraient entendus sur l'entrée des forces syriennes à Afrine

«Nous n'avons eu avec le régime syrien aucune négociation ni accord sur cette question», a martelé l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter qu'à ce jour, les défenseurs d'Afrine n'avaient reçu aucune aide en armes ni autre soutien de qui que ce soit.

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«Depuis déjà 28 jours, la population d'Afrine se défend avec ses propres moyens. Et nous allons tenir jusqu'au bout», a souligné M.Roj.

Il a toutefois refusé de commenter la déclaration du secrétaire d'État américain à la Défense James Mattis qui avait évoqué, lors d'une récente rencontre à Bruxelles avec son homologue turc Nurettin Canikli, une éventuelle «séparation des milices YPG du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)» et l'utilisation des premières contre le dernier. M.Roj s'est limité à dire que le commandement des YPG ferait sous peu une déclaration écrite sur les propos tenus par le chef du Pentagone le 14 février, en marge d'une réunion de l'Otan.

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Les observateurs se demandent à cette occasion si les Kurdes seront finalement sacrifiés par Washington au profit de l'alliance entre la Turquie et les États-Unis. Quoi qu'il en soit, M.Mattis a envoyé un signal fort à Ankara, reconnaissant «les menaces d'organisations terroristes» qui pèsent sur la Turquie.

La chaîne de télévision Al-Mayadeen avait précédemment annoncé que les autorités syriennes et les forces kurdes d'auto-défense étaient parvenues à une entente sur l'entrée de l'armée syrienne à Afrine.

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L'armée turque mène depuis le 20 janvier l'opération Rameau d'olivier contre les Kurdes à Afrine, dans le nord de la Syrie. Cette région est contrôlée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG) que la Turquie considère comme la branche militaire du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit dans le pays.

Damas a condamné les actions turques à Afrine, tout en soulignant que la région fait partie intégrante de la Syrie. Moscou a pour sa part appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter l'intégrité territoriale de la Syrie.

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