Les USA et l'UE en «guerre froide monétaire»

Grâce à une économie forte et à une situation positive sur les marchés, les investisseurs européens sont plus optimistes que les années précédentes.
Sputnik

Cependant, ils sont de plus en plus inquiets que la faiblesse du dollar puisse conduire au renforcement de l'euro, ce qui risquerait de provoquer des conséquences négatives pour les revenus des entreprises et la croissance économique, écrit mardi le site d'information Vestifinance.ru.

Chute brutale du dollar: ce n’est que le début?
La chute du dollar de 10% par rapport aux autres devises principales en 2017 et la déclaration du ministre américain des Finances Steven Mnuchin au forum économique mondial de Davos le 24 janvier 2018 soulignant qu'un dollar faible est bénéfique pour les USA à court terme indiquent tout sauf le fait que l'administration américaine mène une «guerre froide monétaire» et gagne.

Observons quelles ont été ses actions récentes:

— L'expansion fiscale à une période inappropriée pour le cycle économique, financée essentiellement par une dette supplémentaire du Trésor;

— La Fed ne semble pas vouloir réagir au durcissement de la politique monétaire au-delà de ce qui a déjà été prévu et parle également d'un dépassement de l'inflation.

Le WSJ présage un futur macabre pour le dollar
Ces actions envoient un signal certes caché mais très clair aux marchés: l'objectif est un dollar faible. Et les marchés ont réagi à ce signal.

La raison pour laquelle les USA ont pris le dessus dans cette «guerre froide monétaire» est que les forces sont inégales. Le président américain Donald Trump utilise la politique du «grand bâton» en brandissant la menace du protectionnisme. C'est pourquoi l'Europe et le Japon sont forcés d'accepter. Cela n'a pas conduit à la hausse de leurs devises, ni grâce aux paroles ni grâce à leurs actes. Au contraire, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon ont réduit le rythme de leurs achats d'obligations. La BCE a même fait allusion à la suspension des achats nets en fin d'année.

L'an dernier, le déficit commercial des USA s'est creusé et l'expansion fiscale attirera probablement des importations supplémentaires cette année, c'est pourquoi l'administration de Donald Trump sera certainement intéressée par l'affaiblissement du dollar tant que cela ne conduira pas à une chute du marché des obligations.

L’année 2018 serait-t-elle celle du début de la fin du dollar américain?
De plus, en établissant des tarifs commerciaux sur les importations de machines à laver et des panneaux solaires le 22 janvier dernier, l'administration Trump a montré sa disposition à utiliser l'arme protectionniste.

Ainsi, il ne faut certainement pas s'attendre à une résistance contre la «politique du dollar faible» de la part de l'Europe ou du Japon.

Bien que le président de la BCE Mario Draghi ait exprimé sa préoccupation concernant la «volatilité monétaire» et l'«utilisation de la langue» pendant la conférence de presse du 25 janvier, il est peu probable que la BCE s'oppose plus agressivement à ces décisions des USA.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Discuter